L’existence d’Adam est-elle compatible avec la théorie de l’évolution de Darwin ?

vendredi 13 décembre 2013, par Paul Adrien d’Hardemare

Cet article est repris en partie de Adam est-il l’ancêtre de tous les hommes ?
Cette question a connu beaucoup d’heurs et de malheurs. Elle était un présupposé reconnu quasi universellement au début du XIXe siècle, puis avec le triomphe de la théorie de l’évolution, un présupposé rejeté de façon tout aussi universelle au cours du XXe siècle. Enfin, à la fin du XXe siècle, avec les progrès de la science, cette question est redevenue un authentique enjeu scientifique.

 Le problème et sa résolution

En termes scientifiques, on oppose deux théories scientifiques : monogénisme (un seul couple humain à l’origine de l’humanité) et polygénisme (plusieurs couples humains à l’origine de l’humanité).

Sur les traces d’Adam
Documentaire et (bonne) science-fiction
Rayyisse Sidahmed, IMyoIEa6lsk
  • La théorie néo-darwinienne de l’évolution plaide en faveur du polygénisme. En effet, son concept fondateur est le concept d’« espèce ». C’est au sein d’un espèce que prennent place les mutations génétiques lesquelles séparent les espèces entre elles. Cette théorie recèle encore beaucoup de zones d’ombre (comment apparaissent et se propagent les mutations génétiques au sein d’une espèce).
  • La micro-génétique plaide en faveur du monogénisme. En étudiant les caractéristiques mitochondriales, on aboutit à postuler l’existence d’une mère humaine unique, de même qu’en étudiant les caractéristiques génétiques du chromosome Y, on aboutit à postuler l’existence d’un père humain unique. Observons que, là encore, ces recherches laissent des zones d’ombre (ces recherches sont-elles fiables ? l’Adam et Eve scientifiques coïncident-ils avec l’Adam et Eve bibliques ?).
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Le chromosome Y

Comme nous l’avons dit, ces deux méthodes ont un problème commun : elles ne procèdent pas d’une saine lecture biblique. Redisons-le : ce qui caractérise l’origine de l’humanité, pour la Bible, c’est moins l’apparition du corps humain que l’apparition de l’esprit humain et de la conscience morale. Il ne sert à rien de vouloir prouver l’unique ascendance de l’humanité d’un point de vue d’abord biologique et génétique : quand bien même serait-elle vraie sur le plan scientifique (ce qui paraît probable), nous sommes ici en présence d’un contresens anthropologique.

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Adam parlant du bien et du mal
à ses proches
(il s’agit en fait d’hommes néandertaliens)

Reprenons donc les choses, mais différemment. C’est parce qu’il fut le premier a découvrir le bien et le mal et à avoir une conscience morale qu’« Adam » méritât, selon la Bible, le titre de premier homme. Rien n’empêche que à l’époque où Adam vivait, d’autres hommes génétiquement compatibles existassent eux-aussi - quoique, à parler rigoureusement, ils méritassent moins le titre d’hommes que celui d’hominidés puisqu’ils ne connaissaient ni le bien ni le mal et n’avaient pas de conscience morale (« la petite voix dans la tête »). De même, nous avons dit que c’est parce que cette découverte capitale du bien et du mal a forcément eu lieu un jour quelque part que nous pouvons être sûr de l’existence d’Adam. Autrement dit, ce qui compte avant toute chose c’est la découverte d’« Adam ». De même manière, c’est au fur et à mesure que cette découverte s’est propagée au sein de l’espèce hominidée que l’espèce humaine s’est propagée.

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La famille des hominidés
Où se situe la découverte qui a fondé l’humanité ?

C’est en ce sens que l’on peut dire et que l’on doit dire qu’Adam est l’unique ancêtre de tous les hommes.

 Propagation de la psychologie humaine

Il est maintenant possible de donner à l’unique ascendance d’« Adam » une interprétation faible et une interprétation forte :

  • (Interprétation forte) Soit que sa découverte se soit propagée uniquement à travers sa descendance. On dira alors que les enfants d’« Adam » ont fini par imprégner de leur bagage psychologique et génétique toute l’espèce hominidée. On retrouve ici - mais à leur juste place - les hypothèses génétiques portant sur les mutations du chromosome Y.
  • (Interprétation faible) Soit que cette découverte se soit propagée à travers la culture hominidée. « Adam » aurait alors simplement appris à ses proches hominidés la différence entre le bien et le mal, entraînant chez ces hominidés des changements psychologiques identiques. Autrement dit, les autres hominidés auraient eu des capacités cérébrales suffisantes pour saisir le génie moral d’« Adam », et au fur et à mesure que cette culture morale se propageait parmi les hominidés, l’espèce humaine se propageait elle aussi.

 Conclusion

Ces deux interprétations sont possibles. Nous avons dit qu’il existe quelques indices amenant à rendre davantage probable l’interprétation forte. Mais, quelle que soit la manière dont on envisage la propagation de cette découverte, l’existence d’« Adam » est parfaitement compatible avec la théorie de l’évolution darwinienne.

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