L’eucharistie a-t-elle été instituée comme un sacrifice ?

mardi 18 novembre 2014, par theopedie

En bref : Si l’Ancien Testament préfigure l’existence d’un sacrifice parfait à venir, c’est dans les écrits du Nouveau Testament qu’il faut aller chercher l’affirmation précise du caractère sacrificiel de l’eucharistie. Et ceci principalement dans le récit de l’institution.

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La substance du sacrement
Un rite et une formule

Jésus prit du pain, le rompit et le donna à ses disciples en disant : « Prenez et mangez en tous, ceci est mon corps ». Et il ajouta, selon saint Luc : « qui est donné pour vous ». A eux seuls, ces mots ne suffisent pas pour décrire la dimension sacrificielle du rite que Jésus était en train d’instituer. Mais après ce premier acte, Jésus prit la coupe où était le vin, la bénit et la donna à ses apôtres en disant : « Prenez et buvez en tous, car ceci est mon sang ». Cette fois, le sacrifice était clairement désigné : Jésus présentait son corps séparé de son sang. Il se donne comme victime immolée.

Du reste, il explicite lui-même ce nouveau rite : c’est « le sang répandu pour vous et pour la multitude en rémission des péchés ». D’après le lévitique, le sacrifice consistait surtout dans l’offrande d’une vie qui se faisait par l’effusion du sang de la victime (Lévitique 16-17). Le Christ qui, de toute évidence, se réfère aux usages de l’Ancien Testament, affirme donc nettement par cette parole, que l’acte qu’il accomplit est un sacrifice par effusion de sang. Et le sang répandu pour la rémission des péchés, c’est bien ce que le Lévitique appelle le sacrifice d’expiation (Lévitique 16). Jésus termine en parlant d’une « nouvelle alliance » scellée par ce sacrifice (Matthieu 26, 28). De fait, chaque alliance présentée par la Bible est toujours scellée d’un sacrifice.

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Il est vrai que, d’après les prophéties, le sang de la nouvelle alliance devait être le sacrifice de la croix. Aussi, le sacrifice eucharistique de la cène n’a pu être un sacrifice d’alliance que pour autant qu’il anticipait le sacrifice de la croix pour l’annoncer. De même, le sacrifice de la messe ne saurait être un sacrifice d’alliance que pour autant qu’il reproduit le sacrifice de la croix pour le commémorer et l’achever.

En remarque finale, notons que le caractère sacrificiel est aussi affirmé par saint Paul (1 Corinthiens 11, 26 ; 1 Corinthiens 10, 14-21).

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