L’épiscopat est-il un ordre sacramentel ?

dimanche 24 mai 2015, par theopedie

La question de la sacramentalité de l’épiscopat a été soulevée en Occident à cause de la position théologique de saint Jérôme : ce dernier, afin d’affirmer la supériorité du presbytérat sur le diaconat et de lutter contre la prétention de certains diacres, affirma que le presbytérat et l’épiscopat étaient de même dignité. A ceci s’ajoute, remarque-t-il, le fait que les termes de presbytre et d’épiscope sont, dans le Nouveau Testament, en grande partie synonymes. De là, on en déduisit au Moyen-Âge que presbytérat et épiscopat ne différaient que par un pouvoir de juridiction.

Mais saint Jérôme n’est pas représentatif de l’ensemble de la tradition chrétienne et, aujourd’hui, la position contraire a prévalu. (Cf., sur le rapport entre presbytres et épiscopes, L’épiscopat est-il d’origine biblique ?)

 Différence dans les fonctions

L’évêque est essentiellement un prêtre. Il doit donc posséder tous les pouvoirs qui appartiennent au simple sacerdoce. Mais il a, en outre, d’autres pouvoirs spirituels (il peut confirmer, ordonner) et, dès lors, il est plus qu’un simple prêtre. Or, ces pouvoirs que l’évêque possède et que le simple prêtre ne possède point sont de telle nature qu’ils constituent un degré spécial et supérieur dans la hiérarchie ecclésiastique. Par conséquence, l’épiscopat est un ordre particulier et supérieur au presbytérat.

 Sacramentalité de l’épiscopat

Cette ordination est, de plus, sacramentelle :

  • Un sacrement est un signe efficace de la grâce. Or, par la consécration épiscopale, le nouvel évêque reçoit ex opere operato une nouvelle grâce d’état et un nouveau pouvoir sacramentel.
  • Les textes bibliques qui parlent de l’épiscopat insistent sur la consécration, la dignité et l’autorité de cette charge (1 Timothée 4, 14 ; 2 Timothée 1, 6). Cette ordination procède d’un rite sensible, l’imposition des mains accompagnée de prière, comme il en ressort de textes analogues (Acte des Apôtres 13, 3 ; Acte des Apôtres 14, 23), et comme il en ressort de l’imposition des mains pratiquée par Paul sur Timothée (1 Timothée 2, 6-7).

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