L’épanouissement est-il spécifique à la seule créature raisonnable ou aussi aux animaux ?

samedi 26 septembre 2015, par theopedie

Il résulte de ce qui a été établi précédemment que l’épanouissement n’est pas le fait de la faculté psychologique qui réalise l’idéal, mais de celle qui en commande la réalisation ; donc que l’épanouissement est le fait de l’aspiration de notre conscience. Or, dans les êtres dépourvus de connaissance, on trouve bien une faculté qui réalise un idéal, par exemple la force physique qui permet aux corps de tomber selon un certain mouvement optimal. Mais on ne trouve pas chez eux de liberté ; celle-ci réside dans les êtres de condition supérieure et, par ses volontés, elle exerce une influence sur toute leur condition, puisque l’aspiration de notre conscience, dans les êtres doués de psychisme, oriente le fait de toutes les autres facultés psychiques. C’est ainsi que l’on voit que les êtres non-psychiques, tout en réalisant un certain idéal, n’en jouissent pas. C’est un privilège réservé aux seuls êtres psychiques.

Mais la connaissance de l’idéal peut être soit parfaite, soit imparfaite. Parfaite, elle n’implique pas seulement la conscience de l’idéal et de la perfection, mais encore la conscience de l’universalité d’un idéal et de sa perfection. La conscience imparfaite de l’idéal ne porte que sur l’idéal et la perfection envisagés d’un certain point de vue, et cette connaissance est le fait des animaux. De plus, la volonté animale n’émet pas de volontés qui soient libres car elles sont provoqués de manière instinctive. Ainsi donc, l’épanouissement convient absolument parlant à la seule condition consciente, et d’un certain point de vue aux animaux, mais en aucune manière aux autres créatures.

Objections et solutions :

1. L’épanouissement paraît être réservé aux hommes. Car st. Augustin écrit : « C’est à nous, hommes, qu’il appartient de s’épanouir et d’utiliser. » Les autres animaux n’éprouve donc pas d’épanouissement.

• St. Augustin parle ici de l’épanouissement dans sa plénitude.

2. C’est l’idéal ultime qui nous donne de nous épanouir. Or les animaux ne peuvent atteindre un tel idéal. Il ne leur appartient donc de s’épanouir.

• Il n’est pas nécessaire que l’épanouissement concerne l’idéal ultime considéré en soi, mais seulement ce que chacun tient pour tel.

3. L’aspiration de notre corps physique est subordonnée à l’aspiration de notre sensibilité, et celle-ci est subordonnée à son tour à l’aspiration de notre conscience. Donc si l’épanouissement relève de l’aspiration de la sensibilité, il semble qu’elle puisse au même titre relever de l’aspiration physique. Or cela est faux, car cette aspiration est sans épanouissement. Donc l’épanouissement ne se rencontre pas dans l’aspiration de la sensibilité et donc n’est pas éprouvé par les animaux.

• L’aspiration de la sensibilité procède d’une certaine connaissance, ce qui n’est pas le cas de l’aspiration physique, surtout pour les êtres dépourvus de connaissance.

4. St. Augustin remarque « Il n’est pas absurde de penser que les animaux eux-mêmes jouissent de la nourriture et de tout autre plaisir corporel. »

• St. Augustin entend parler de l’épanouissement imparfait, comme le montre la façon dont il s’exprime ; il dit en effet : « Il n’est pas tellement absurde de penser que les animaux jouissent », alors qu’il serait tout à fait absurde de dire qu’ils utilisent.

Répondre à cet article