L’épanouissement est-il le fait de notre aspiration intérieure ?

vendredi 25 septembre 2015, par theopedie

En bref : St. Augustin affirme « Il y a épanouissement lorsque nous sommes unis à une réalité aimée pour l’amour elle-même. » Or l’amour relève de notre aspiration intérieure. Il en va donc de même de l’épanouissement.

Les termes « s’épanouir » et « fructifier » semblent se rapporter à une même réalité et dériver l’un de l’autre. Peu nous importe d’ailleurs l’ordre de cette dérivation, sauf qu’il apparaît plus probable que l’on ait désigné en premier ce qui est le plus manifeste. Or ce sont les réalités les plus sensibles qui nous frappent d’abord. Il semble donc que le mot « épanouissement » vient des fruits que l’on perçoit par les sens. D’autre part un fruit sensible est ce que l’on attend de l’arbre en dernier et que l’on cueille avec un certain plaisir. Aussi semble-t-il que l’épanouissement se rapporte à l’amour ou à la jouissance que l’on éprouve à l’égard du terme final, lequel est un idéal à atteindre. Or l’idéal est, comme la perfection, l’objectif de notre aspiration intérieure. Il est donc évident que l’épanouissement est le fait de cette faculté.

Objections et solutions :

1. Le mot « épanouissement » paraît ne signifier rien d’autre que fructifier. Mais c’est l’intelligence qui saisit le fruit de la vie humaine, lequel est le bonheur et qui consiste, on l’a montré, en une certaine pensée. S’épanouir est donc le fait de l’intelligence et non de notre aspiration.

• Rien n’empêche qu’une seule et même réalité se rapporte, selon le point de vue considéré, à des facultés psychologiques différentes. Ainsi la vision même de Dieu, en tant que vision, est une pensée ; mais, en tant que perfection et idéal, elle est l’objectif de notre liberté et, à ce titre, elle est épanouissement. Ainsi l’intelligence parvient à l’idéal comme étant la faculté psychologique qui le réalise, tandis que la liberté y parvient en nous y orientant pour l’atteindre, et s’y épanouissant, une fois atteint.

2. Chaque faculté trouve sa plénitude dans son idéal propre. Ainsi, pour la vue, voir de fait ce qui est visible, pour l’ouïe, entendre de fait des sons, et de même pour les autres facultés. Or l’idéal de toute être, c’est d’être épanoui. L’épanouissement est donc le fait de toutes les facultés psychologiques, et pas seulement de l’aspiration de notre conscience.

• Nous avons déjà dit que la plénitude et l’idéal des facultés autres que l’aspiration de notre conscience sont compris dans l’objectif de celui-ci comme le particulier est compris dans le général. Par suite la plénitude et l’idéal de n’importe quelle faculté, en tant que une perfection particulière, relèvent de l’aspiration de notre conscience. C’est la raison pour laquelle l’aspiration de notre conscience oriente les autres facultés à leur idéal particulier, et parvient elle-même au sien quand chacune d’elles a atteint son idéal propre.

3. S’épanouir comporte une certaine épanouissement. Or, il y a un certain épanouissement charnel, lequel relève de la sensibilité jouissant de son objet ; et de même, il y a un certain épanouissement intellectuel, lequel relève de l’intelligence. Donc l’épanouissement semble est le fait de la connaissance et non de l’aspiration de notre conscience.

• L’épanouissement comporte deux caractéristiques : la plénitude d’une qualité qui agréé, et cette plénitude relève de la faculté de connaître ; et la jouissance dans ce qui est présenté comme agréant au sujet. Cette dernière caractéristique relève de l’aspiration de notre conscience dans laquelle s’accomplit notre épanouissement.

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