L’argument cosmologique présuppose-t-il l’existence d’un seul univers ?

lundi 16 septembre 2013, par theopedie

En bref : Non l’argument cosmologique ne présuppose pas l’existence d’un seul univers. Le fait qu’il existe une infinité d’univers peut tout autant servir de prémisse de départ.

Certains opposants de l’argument métaphysique entendent réfuter l’argument cosmologique en invoquant une pluralité de mondes possibles et les univers parallèles. Or, on remarquera que l’argument donné par Koons est précisément construit autour de cette possibilité : la nécessité métaphysique qui y est invoquée est celle d’une existence « dans tous les mondes possibles ».

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Multivers

Remarquons de plus qu’une infinité d’univers ne permet pas plus de répondre à la question : « pourquoi existe-il quelque chose plutôt que rien ? » Pour le voir, il suffit de considérer que l’infinité des mondes constitue lui même un fait contingent (un « multivers » plutôt qu’un « univers ») et que l’argument cosmologique fonctionne tout autant avec un multivers qu’avec un seul univers composé d’une infinité de faits.

Enfin remarquons que l’existence de mondes parallèles est une hypothèse ad hoc, formulée non dans un souci de rigueur scientifique, mais dans le but de défendre les besoins d’une philosophie athée.

4 Messages

  • la question « pourquoi existe-il quelque chose plutôt que rien ? » est piégée puisqu’elle présuppose une causalité. On n’est donc pas tenu d’y répondre. Le piége est moins grossier que dans une question du type « Qui a crée l’univers ? » ou bien « de quelle couleur était le cheval blanc de henri IV ? », mais il subsiste neanmoins.

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    • Pourquoi ne serait-on pas tenu de répondre à une question qui « présuppose une causalité » ? C’est ce que la science et le sens commun font tous les jours à tout propos... Vous estimez-vous au-dessus d’eux ? En quoi précisément ?

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      • Que le sens commun le fasse c’est un fait. Mais généraliser cette pratique a la totalité de l’univers est un abus anthropocentrique. Ça l’est aussi quand on descend au niveau des particules élémentaires. La science avancée remet en question la causalité. Il semble que, comme le temps, se soit un phénomène emergent qui apparait avec la complexification des choses. Ce n’est pas encore bien compris.
        Mais on sait que au niveau quantique la notion de cause, si elle apparait encore, c’est seulement comme une manière résiduelle de parler, un peu bizarre, car parfois on voit l’effet « précéder » la cause , ou bien une particule localisée en deux lieux distincts simultanément. C’est le calcul des probabilités qui permet alors de parler et de raisonner à ce niveau, avec des résultats opérationels.

        le monde est encore plus troublant et mystérieux que les religieux ordinaires se l’imaginent.

        En résumé parler de causalité pour la totalité, c’est appliquer un langage qui n’est pas adapté au niveau de complexité ou de globalité de son sujet.

        C’est comme si vous vouliez décrire le mouvement d’un fleuve à partir de l’appareillage conceptuel qui permet de parler des mollécules d’eau qui le composent. Ce n’est pas possible, c’est une autre logique.

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