L’absolu est-il l’âme du monde ?

mardi 29 avril 2014, par Paul Adrien d’Hardemare

Afin de concilier entre l’absolu et le monde une certaine distinction tout en restant dans le cadre du panthéisme, beaucoup de spiritualités modernes assimilent Dieu ou l’absolu à l’âme de l’univers.

L’univers est alors conçu comme le corps de Dieu et Dieu comme la partie la plus noble de l’univers. Cette hypothèse se heurte néanmoins à de nombreuses difficultés :

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Brahma
Dans la religion hindoue, Brahma est plus ou moins associée à l’âme du monde.

On pourrait, en admettant la distinction entre Dieu et le monde, concevoir Dieu comme l’âme ou la forme de l’univers, la substance ou même l’acte d’être de toutes choses. C’est en ce sens, d’une manière ou d’une autre, que s’orientent les diverses formes de panthéisme. [...] Pour s’en tenir à l’aspect le plus difficile du mystère, un Dieu qui ne serait abssolument rien d’autre que l’acte même d’être pour le monde ferait en réalité partie d’un tout. on en dirait autant d’un Dieu substance ou âme de l’unviers, et l’hypothèse d’un monde infini en extension n’y changerait rien. Dieu ne serait plus acte pur, il serait devenu l’acte du monde ; son essence ne consisterait plus à être, absolument, elle se réduirait à être le monde. Dieu serait une partie d’un composé, il ne serait plus Dieu (Initiation à la théologie, Saulchoir, p. 72).

Qu’il nous suffise ici de lister ces difficultés :

  • Si l’absolu est composé d’une âme et d’un corps, il n’est plus une réalité simple mais composée (donc créée). Il est de même une réalité matérielle, ce qui apparaît comme étant impossible.
  • Si l’absolu est l’âme du monde, il partage avec le monde un même acte d’être : l’absolu partage alors toutes les vicissitudes du monde.
  • Cette forme de panthéisme n’échappe pas aux nombreuses difficultés auxquelles toute forme de panthéisme se heurte par ailleurs.

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