L’Absolu est-il sa propre éternité ?

lundi 5 mai 2014, par Paul Adrien d’Hardemare

En bref : De même que l’Absolu est sa propre existence, il est sa propre durée et, partant, sa propre éternité.

On nous permettra pour répondre à la question de citer saint Thomas d’Aquin, suivi d’un commentaire de Sertillanges. À leur commentaire, il n’y a en effet rien à ajouter.

Ezekiel Saw The Wheel
The Charioteers
(+ Satan wears number 11 shoes)
Les roues dans les roues :
image de l’éternité divine
KittyCatInAMicrowave, 7f69SLJPNRU

La notion d’éternité est consécutive à celle d’immutabilité, comme celle du temps à celle de mouvement. Comme donc l’Absolu est souverainement immuable, il lui appartient souverainement aussi d’être éternel. Mais il n’est pas seulement éternel, il est lui-même sa propre éternité, alors que nulle autre chose n’est sa propre durée, parce qu’il n’y en a point qui soit elle-même sa propre existence. L’Absolu, au contraire, est son être permanent et uniforme, et c’est pourquoi, comme il est sa propre essence, il est aussi son éternité. [...] Quand on dit que l’éternité est la mesure de l’Absolu lui-même, on ne doit pas se laisser prendre à l’apparence du mot mesure. Dans la réalité, l’éternité n’est pas autre chose que l’Absolu même. Quand donc on dit qu’il est éternel, on n’entend pas qu’il subisse une mesure quelconque ; mais l’idée de mesure intervient ici pour aider notre compréhension. (saint Thomas d’Aquin, Somme de Théologie, I,10,2)

Wheel within a wheel
Wynton Marsalis
Jazzminell

Une chose dure dans la mesure où elle retient l’existence : le rapport est donc immédiat entre être et durée, et celui à qui il appartient exclusivement de se montrer identique à son être est aussi celui auquel il appartient exclusivement d’être identique à sa durée, qui est l’éternité. Mais au fond, cela signifie-t-il autre chose que ceci : l’Absolu est et il ne dure pas. (Sertillanges commentant le passage ci-dessus)

Sertillanges apporte un caveat à la notion de durée : celle-ci amène avec elle une certain idée de tension. L’objet dure, au sens où il résiste et tend vers sa perfection. L’Absolu n’est pas dit durer en ce sens là, il est dit durer, au sens où il existe et son existence coïncide avec son identité.

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