Jésus était-il un prêtre ?

jeudi 9 avril 2015, par theopedie

En bref : Certes, selon l’ordre d’Aaron, Jésus n’était pas prêtre car il n’était pas de la tribu de Levi, mais selon l’ordre du roi Melchisédek, il était non seulement prêtre, mais même grand-prêtre, en tant que médiateur éternel et prédestiné dès l’origine.

C’est dans la lettre aux Hébreux que se trouve l’affirmation la plus rigoureuse du caractère sacerdotal du Christ. L’auteur commence par donner la définition du sacerdoce :

Tout grand prêtre est pris parmi les hommes et établi pour les hommes en ce qui regarde le culte de Dieu : il est chargé d’offrir des oblations et des sacrifices pour les péchés(Hébreux 5, 1)

Ensuite, l’auteur de l’épître aux Hébreux applique cette définition au Christ. L’argument se résume dès lors ainsi : Jésus est un authentique grand-prêtre puisque tout grand prêtre véritable est à la fois homme de Dieu et homme du peuple, chargé d’intercéder pour le peuple. Nous vérifions maintenant la manière dont Jésus peut être dit « homme de Dieu » et « homme du peuple chargé d’intercéder pour lui ».

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Jésus en habit de grand-prêtre
Illustration pour enfants de la théologie de la lettre aux Hébreux.

 Homme de Dieu

C’est de Dieu lui-même que le prêtre doit recevoir sa charge (Hébreux 5, 4). Il ne doit pas se l’attribuer lui-même. Or la vocation sacerdotale du Christ date du jour où la Parole de Dieu s’est incarnée dans une chair mortelle : « le Christ ne s’est pas attribué à soi-même la gloire de devenir grand-prêtre, mais il l’a reçue de celui qui lui a dit : Tu es mon fils, moi aujourd’hui, je t’ai engendré » (Hébreux 5, 5). Le Christ, de par sa nature humaine unie à la nature divine, est un homme de Dieu, consacré à Dieu, et recevant de Dieu sa mission.

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Statue de Jésus à Rio

 Homme du peuple

La fonction du prêtre est de réconcilier Dieu avec l’homme et d’unir l’homme à Dieu. Cette fonction de médiation, le prêtre l’accomplit en offrant des sacrifices.

Or, l’amour de Jésus envers son peuple a pétri dans le Christ une psychologie sacerdotale : elle a cultivé en lui les sentiments de solidarité, de miséricorde et de compassion (Hébreux 2, 11-18). Cet amour l’a amené à vouloir assumer un rôle d’intermédiaire entre Dieu et les hommes. Et ce rôle médiateur, c’est en offrant un sacrifice parfait et unique, celui de sa propre vie, que le Christ l’a accompli : “Il l’a fait une fois pour toute en s’offrant lui-même” (Hébreux 7, 27).

 Conclusion

D’avoir dans l’infirmité de la chair manifestée l’héroïsme de son obéissance au Père lui valut à la fois d’entrer dans la perfection de sa gloire et d’être désormais pour nous une puissance rayonnante de Salut. “Du fait qu’il a lui même souffert par l’épreuve, il est capable de venir en aide à ceux qui sont éprouvés” (Hébreux 2, 18). Il est ainsi parvenu au terme de sa perfection de chef “et devenu pour tous ceux qui lui obéissent principe de salut éternel, puisqu’il est salué par Dieu du titre de Grand-Prêtre selon l’ordre du roi Melchisédek” (Hébreux 5, 9-11). C’est ainsi qu’il est entré dans son rôle de médiateur céleste assurant aux hommes les grâces de sainteté acquises par sa médiation terrestre. (Clément Dillenschneider).

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