Jésus était-il prédestiné à être prêtre ?

vendredi 10 avril 2015, par theopedie

En bref : De par sa double nature humaine et divine, Jésus donnait à ses actes une valeur infinie soit en vue de la réconciliation, soit en vue de la grâce et de la gloire à mériter pour les hommes. Il est donc par nature prêtre et médiateur.

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L’incarnation

Certes, c’est en tant qu’homme que Jésus est prêtre, car c’est en tant qu’homme qu’il a mérité de réconcilier Dieu avec l’homme. Ainsi c’est dans son humanité qu’il convient d’appréhender son sacerdoce. Toutefois, s’il est vrai que, ultimement, Jésus est d’origine divine, pour mesurer sa nature sacerdotale, il faut aussi le rejoindre dans sa préexistence divine. Voici d’ailleurs en quels termes la lettre aux Hébreux décrit cette préexistence sacerdotale :

Dieu, en ces derniers jours, nous a parlé par le Fils qu’il a établi héritier de toutes choses, par qui aussi il a fait les siècles. Resplendissement de sa gloire, effigie de sa substance, ce Fils, qui soutient l’univers par sa parole de puissance, ayant accompli la purification des péchés, s’est assis à la droite de la Majesté dans les hauteurs (Hébreux 1,2-4).

Aux dires des théologiens, c’est d’ailleurs pour remplir un rôle sacerdotal de médiation que le Fils de Dieu s’est incarné :

Singularis plenitudo gratiarum convenit Christo, inquantum est Unigenitus a Patre (Jean 1, 14). Ex qua quidem plenitudine habet ut sit super omnes homines constitutus et propinquius ad Deum accedens (St Thomas, 3,26,2,1)

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L’incarnation

Car Jésus ne s’est point élevé de lui-même à la dignité sacerdotale (Hébreux 5, 5), mais il a été revêtu de cet honneur par son Père, qui, avec serment, c’est-à-dire solennellement et irrévocablement, l’a établi prêtre éternel selon l’ordre de Melchisédek (Psaumes 109, 4).

Jésus-Christ a donc été consacré prêtre au moment de l’incarnation et par l’incarnation. Il ne l’a point été par une ordination rituelle ou par une cérémonie extérieure, même si le baptême a pu jouer aux yeux des hommes ce rôle. Pour le dire autrement, c’est par la puissance de sa vie immortelle (Hébreux 7, 16) et en vertu de l’union d’un sujet divin à la condition humaine et de la plénitude de grâce qui est attachée à cette union, que le Christ Jésus a été revêtu de la dignité du sacerdoce. Dès son entrée en ce monde, dès l’instant de l’incarnation où il a pris un corps consacré pour le sacrifice, Jésus a reçu, d’après l’éternel décret de Dieu en vue de notre salut, la mission sacerdotale « de réconcilier le monde avec Dieu » (2 Corinthiens 5, 19) par le sacrifice de sa vie et de son sang (Hébreux 10, 5-8).

Ainsi peut-on dire que la véritable onction sacerdotale du Christ est sa conception même : à la place de l’huile d’onction qui faisait d’Aaron le grand-prêtre, la divinité même investit l’humanité entière de Jésus et l’enrichit d’une plénitude de grâces qui se déverseront sur tous les membres de son corps mystique.

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