Jésus autorise-t-il le divorce ?

mercredi 14 mai 2014, par theopedie

En bref : Jésus refuse le divorce de manière claire et sans équivoque. Paradoxalement, cette interdiction n’est pas pour Jésus synonyme d’intransigeance morale mais de miséricorde.

Parlant du mariage et du divorce, Jésus dit ceci :

« Il a été dit aussi : “Celui qui renvoie sa femme doit lui donner une attestation de divorce.” Eh bien, moi je vous déclare : tout homme qui renvoie sa femme, sauf en cas d’union interdite, lui fait commettre un adultère si elle se remarie ; et celui qui épouse une femme renvoyée par un autre commet aussi un adultère. »

Mt 5, 31-32

On le voit, Jésus interdit le divorce. Son argument est le suivant :

  • Le remariage est une forme d’adultère.
  • Le divorce conduit au remariage.
  • Donc le divorce est interdit.

De fait, à l’époque de Jésus, une femme ne peut survivre seule et a besoin d’un mari, d’où l’importance pour elle de se remarier. Notons toutefois que le divorce n’est pas interdit en tant que tel mais en tant que tentation. C’est ainsi que, par exemple, l’Église catholique tolère le divorce en dernier recours et s’il ne conduit pas à un remariage.

Dans la citation ci-dessus, une clause d’exception est mentionnée : « sauf en cas de porneia », ici traduite par « sauf en cas d’union interdite » (pour une justification de cette traduction, voir ici).

Divorce et idéal conjugal

Pour Jésus, l’interdiction du divorce et du remariage est motivée par trois raisons :

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Adam et Ève
Mosaïque de la chapelle Palatine (Palerme)
  • Le mariage est fondé sur un idéal, celui de la communion sexuelle et affective, communion exclusive et stable (les enfants devenant le symbole de cette communion indestructible). Jésus fait remonter cet idéal à Adam et Ève citant en Mt 19,8 cette phrase de la Genèse : « C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, pour s’attacher à sa femme et ne devenir plus qu’un ».
  • L’interdiction de divorce n’est pas pour Jésus un signe de dureté et d’intransigeance. Au contraire, c’est davantage le divorce qui est pour lui synonyme de dureté et d’intransigeance (Mt 19,7-8). Répudier son conjoint plutôt que de l’accepter avec ses éventuels défauts est signe d’un manque de miséricorde (étant saufs les cas de maltraitances).
  • L’interdiction du divorce a pour but de protéger la femme qui est souvent victime de la dureté des hommes, mais aussi de permettre la réconciliation. Si un homme se remarie parce que sa première femme le trompait, il l’empêche de revenir à lui. C’est parce que Jésus interdit le divorce qu’il peut pardonner à la femme adultère et lui demander de se réconcilier avec son mari (Jn 7,53-8,11).
La femme adultère et Jésus
Extrait du film de Zeffirelli
Jésus de Nazareth
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Ainsi, Jésus est à la fois plus exigeant et plus miséricordieux. Tandis que les pharisiens autorisaient le divorce mais étaient prêts à lapider à mort une femme adultère, Jésus qui interdit le divorce pardonne à une femme adultère, refusant de la juger. On image mal Jésus autorisant le divorce pour adultère d’un côté et de l’autre Jésus refusant de juger cette femme pour lui donner une chance de se réconcilier avec son mari. Paradoxalement, l’exigence de Jésus est fondée sur sa miséricorde et son désir de réconciliation. Il y a là une leçon...

2 Messages

  • Jésus autorise-t-il le divorce ? Le 13 septembre 2015 à 13:56, par julien

    Bonjour,
    Est-ce que cela signifie qu’il est possible que Jésus accorde la réconciliation a l’épouse, a la seule condition que son époux ne se tourne pas vers une autre femme entre temps ?

    Mon épouse souhaite me quitter. Nous sommes chrétiens et je refuse dans mon Coeur que cette union soit brisée car je souhaite rester fidèle à mes convictions et je l’aime énormément.
    Nous avons 3 enfants .

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    • Jésus autorise-t-il le divorce ? Le 16 septembre 2015 à 16:59, par theopedie

      Question délicate qui mériterait davantage une réponse par oral que par forum. Mon conseil serait d’aller demander de vive voix à un prêtre.

      S’il fallait quand même vous répondre par écrit et d’un point de vue formel, je dirai que la réconciliation accordée ne dépend que de l’épouse et non de l’époux. Il faut et il suffit pour la confession que l’épouse veuille revenir à son mari, quand bien même celui-ci se serait à nouveau uni.

      Mais, pour que cette réconciliation ne soit pas seulement spirituelle et unilatérale, mais aussi réciproque et sociale, le mari ne doit pas se remarier et rester disponible à la femme qui l’a quitté et qui peut, on l’espère, revenir.

      Je vous assure de ma prière et de mon amitié.

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