Jésus a-t-il annoncé la venue de Mohammed ?

lundi 18 novembre 2013, par theopedie

Dans le Coran, sourate 61.6, Jésus est dit annoncer Mohammed :

Quand Jésus, fils de Marie, dit : « Enfants d’Israël ! Je suis le messager de Dieu envoyé vers vous, confirmant ce qui est devant moi de la Torah et annonçant un messager qui viendra après moi dont le nom sera Ahmad.

Les musulmans cherchent donc ce qui, dans la Bible, pourrait indiquer que Jésus a de fait annoncer Mohammed. C’est dans ce passage de l’évangile selon saint Jean que les musulmans pensent avoir trouvé une telle prophétie :

Je demanderai au Père de vous donner un autre consolateur pour vous venir en aide, afin qu’il soit toujours avec vous : (Jn 14, 16)

Jésus annonce Mohamed
Mohamme dans les évangiles
hmedgang

Pour les musulmans, ce consolateur n’est autre que Mohammed, ainsi annoncé par Jésus. Le problème, c’est que l’évangile selon saint Jean identifie Jésus et Dieu, que l’on imagine mal Dieu annoncer quelqu’un de plus puissant que lui, et enfin que ce consolateur dont il est ici question est formellement identifié avec l’Esprit Saint que Jésus doit donner à ses disciples, c’est-à-dire le Souffle divin (Jn 14.16-17 ; Jn 15.26). Il n’est donc nullement question de Mohammed. D’où vient alors la lecture musulmane de ce verset ?

Si les musulmans pensent que ce passage annonce Mohammed, c’est parce que dans la traduction arabe de la Bible, le terme grec « parakletos » (consolateur) a été remplacé par « paraklitos » pouvant signifier « Le loué » (Ahmad en arabe, d’où Mohammed). Voici comment donc les musulmans lisent ce passage :

Je demanderai au Père de vous donner un autre Loué pour vous venir en aide, afin qu’il soit toujours avec vous : (Jn 14, 16)

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Paraclet / Consolateur
Jn 14,26

Une telle lecture n’est cependant possible que dans la version arabe. La critique textuelle ne laisse quant à elle aucun doute possible : tous les manuscrits faisant autorité porte « parakletos » (le « souffleur », au sens de celui qui défent et qui aide). On pourra ainsi regarder le Nestlé-Aland pour recenser les manuscrits. La lecture apologétique arabe viendrait donc d’une traduction défectueuse du grec vers l’arabe. D’ailleurs, d’autres traductions anciennes (le manuscrit du Coran d’Ubayy Ibn Ka‘ab) ne mentionnent pas ce « paraklitos ».

Transcrit à la mode arabe (sans tenir compte des voyelles), le mot grec paraklètos s’écrit brklts (lire : biriklutos), et vaut fortuitement pour la transcription arabe d’un autre terme grec : périklutos. Périklutos signifie renommé, donc loué. Il suffira donc que mu-hammad signifie « celui qui- est loué » (ou : « -en qui se fait la louange ») pour que, à l’intérieur d’une apologétique purement arabe (basée sur une fausse lecture), on puisse dire que Jésus a annoncé ahmad, le loué, donc le « Prophète de l’islam ». Il faut seulement attribuer à la racine « hmd » le sens de louer.

Dans la Bible et en araméen (et aussi dans le Coran lu dans son co-texte), « hmd » signifie désirer (et au passif, cette racine a le sens de plaire). Pour dire louer, il existe deux autres racines en arabe. Néanmoins, un glissement a été imposé par le pouvoir, faisant passer du sens de être désiré vers celui de être loué. De la sorte, Muhammad-ahmad semble correspondre à périklutos-paraklètos-paraclet. Le tour est joué

(cité de lemessieetsonprophete.com)

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