Jérusalem était-elle une ville importante ?

lundi 27 mai 2013, par theopedie

La ville de Jérusalem à l’époque de Jésus était fort différente de la ville que le premier roi juif, David, avait conquise au Xe siècle avant JC. A cette époque, la capitale des Juifs était avant tout une forteresse bâtie sur une petite colline isolée. Sa situation géographique et ses fortifications naturelles étaient ses principaux atouts. Mais peu à peu, l’économie s’était développée et les rois juifs l’avaient embellie, particulièrement le roi Salomon qui y avait construit un palais et un temple religieux.

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Le Temple reconstruit par Hérode
Vue sur le parvis des gentils

Au sixième siècle avant JC, Jérusalem avait été rasée par l’armée de Nabuchodonosor, venue de Babylone, condamnant les habitants de Jérusalem à l’exil. Après l’exil, la ville fut reconstruite par les juifs, mais elle n’avait plus le même éclat. Par une ironie de l’histoire, c’est Hérode le Grand, le tyran détesté de ses fidèles, qui lui redonna toute sa majesté. Au cours des 33 années de son règne (37-4 av JC), Hérode fit construire un palais, des citadelles, un théâtre et un amphithéâtre, des viaducs (ponts) et des monuments publics. En particulier, on venait admirer le Temple. Celui-ci se trouvait au-dessus de la vieille ville de David, au centre d’une plate-forme de pierre blanche gigantesque. Il avait été construit par Salomon, mais reconstruit par Hérode, et il était recouvert d’or et de marbre, lui permettant de briller de loin au soleil. Pour les Juifs, le temple était l’endroit le plus sacré de la terre, la demeure terrestre de Dieu parmi les hommes, le trône d’où il dirigeait son peuple. On y faisait les sacrifices et les cérémonies religieuses.

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La ville basse

Au sud du temple se trouvait la ville basse, un groupe de maisons, de magasins et de marché en pierre calcaire brunie par les années de soleil et le vent. Les ruelles étaient étroites, non pavées et les maisons descendaient en pente vers la vallée de Tyropœôn, qui traversait le centre de Jérusalem. C’est dans la ville basse qu’était regroupé le principal de l’activité commerciale et artisanale. Chaque corporation avait sa propre synagogue : on en comptait à l’époque de Jésus 480. Sur les hauteurs (là où il fais frais), à l’ouest, se trouvait la ville haute avec ses villas de marbre blanc pour la haute société de Jérusalem. Les plus riches villas avaient leur propre jardin et leur propre système d’ablutions. En plus des villas, on y trouvait aussi un marché pour les produits de luxe, le palais d’Hérode et le palais du grand-prêtre (où fut probablement jugé Jésus lors d’une séance du sanhédrin).

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La ville haute

Jérusalem était entouré de rempart de pierre grise, d’une périphérie d’environ 7 km, pouvant contenir 25.000 personnes. Les remparts étaient entrecoupés de portes où se trouvaient des postes de douane taxant toute activité commerciale. Pendant les grandes fêtes religieuses juives, et principalement lors de la Pâques, la population de Jérusalem pouvait jusqu’à quadrupler. Si beaucoup de pèlerins se logeaient à Jérusalem même, d’autres logeaient à l’extérieur, dans des tentes ou dans les villages du voisinage. En plus des impôts, de l’achat de nourriture, de leur hébergement et des animaux pour les sacrifices rituels, les pèlerins juifs étaient tenus de dépenser un dixième de leur revenu annuel dans Jérusalem. La surpopulation et l’excitation des festivals produisaient fréquemment des flambées de violence et des rébellions anti-romaines. Les fêtes religieuses étaient ainsi pour les gouverneurs romains des périodes de hautes tensions.

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