Faut-il se confesser pour être pardonné ?

mardi 30 juin 2015, par theopedie

En bref : On ne peut parvenir au salut le pardon de ses péchés. Et c’est pourquoi la pénitence est, après le baptême, le sacrement le plus nécessaire au salut. Mais tandis que le baptême est nécessaire, d’une nécessité absolue, à tous les hommes sans exception, la confession n’est nécessaire, d’une nécessité hypothétique, que pour les chrétiens qui, après le baptême, ont commis une faute grave et ont ainsi perdu la grâce baptismale.

Pour enlever le péché, il faut qu’au pécheur soit appliqué les mérites des souffrances du Christ. Et il applique les bienfaits de sa mort, c’est-à-dire la grâce justifiante, par les sacrements qu’il a institués et légués à son Eglise :

Si quelqu’un pèche après son baptême, il ne peut trouver dans le baptême de remède à son péché. Mais la richesse de la miséricorde de Dieu et l’efficacité de la grâce du Christ ne souffrent pas que le pécheur soit abandonné sans remède ; un autre remède sacramentel, qui purifiât du péché, a donc été institué. C’est le sacrement de pénitence, sorte de traitement spirituel. (Aquin, SCG, 4,72)

 Contrition parfaite et imparfaite

Plus précisément, le chrétien pécheur est justifié ou par la réception effective du sacrement de la pénitence avec la contrition imparfaite, ou par un acte de contrition parfaite, mais cet acte de contrition parfaite contient - au moins implicitement - le désir de recevoir le sacrement de pénitence. En effet, si la contrition parfaite possède, dans l’Ancienne Alliance, la vertu qui dispose l’âme à la réception de la grâce justifiante, depuis l’institution par Jésus du sacrement de la confession, elle est subordonnée et ordonnée au sacrement. En d’autres termes, elle ne justifie plus indépendamment du sacrement, mais seulement en tant qu’elle contient le désir du sacrement et qu’elle est ainsi une soumission véritable, bien que seulement intérieure et spirituelle, au pouvoir des clés confié à l’Eglise par Jésus, et fondement du sacrement de la pénitence.

Le sens de paroles de Jésus confiant à Pierre le pouvoir des clés (Matthieu 16, 19 et Matthieu 18, 18) est celui-ci : Si vous remettez aux fidèles leurs péchés, Dieu les leur remettra aussi dans le ciel ; et si vous retenez aux chrétiens leurs péchés, Dieu les retiendra aussi dans le ciel. Sans la rémission des péchés, l’homme demeure exclu de la liberté et du ciel. Or, Jésus ne remet les péchés qu’à la condition expresse que l’Eglise les remette : c’est pourquoi la soumission au pouvoir des clés confié à l’Eglise est, pour les fidèles tombés dans des fautes graves, le seul moyen et, par conséquent, le moyen nécessaire pour obtenir la rémission des péchés.

Faites pénitence comme il est en usage dans l’Eglise, afin que l’Eglise intercède pour vous. Que nul de dis : Je fais pénitence en secret ; je fais pénitence devant Dieu. Est-ce donc en vain qu’il est dit : Ce que vous délierez sur la terre, sera délié dans le Ciel ? Est-ce donc sans raison et sans but que les clés ont été données à l’Eglise de Dieu . Rendons vain l’Évangile, vaines les paroles de Jésus-Christ ? Est-ce que nous promettons ce qu’il vous refuse ? (Augustin, sermon 393)

 Péchés mortels et péchés véniels

La démonstration ci-dessus de la nécessité du sacrement de la pénitence pour le salut, ne s’applique qu’aux péchés mortels qui détruisent la vie de le grâce et pour lesquels le sacrement est surtout institué. Quant aux fautes vénielles, elles peuvent bien être remises au tribunal de la pénitence, mais elles ne peuvent y être véritablement retenues. Puisqu’elles ne privent point du droit à la possession du ciel, il faut qu’elles soient pardonnées en cette vie ou dans l’autre, alors même que le coupable ne les confesse pas ou que le prêtre les remet point. L’homme juste a bien des moyens d’obtenir le pardon de ses fautes vénielles indépendamment du pouvoir des clés.

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