Faut-il mieux rechercher les charismes ou la sainteté ?

mardi 29 octobre 2013, par theopedie

Entre la grâce charismatique et la grâce de sanctification, vers quoi doit se porter en premier lieu l’effort spirituel ? Il semblerait au premier abord que ce soit la grâce charismatique. Les charismes sont en effet ordonné au bien commun et à l’édification de l’Église : les prophéties, les miracles, les guérisons sont autant d’efforts portée à notre prochain. La grâce à l’œuvre dans la communauté ne doit-elle pas passer avant la grâce individuelle ? Charisme permanent chez les uns (l’infaillibilité attaché au charisme papal), elle est chez d’autres un don merveilleux qui met en œuvre une puissance que Dieu n’accorde généralement qu’à ses saints. Les extases, les miracles, qui signalent parfois la sainteté des chrétiens, paraissent au commun des mortels comme des grâces plus précieuses que la simple et ordinaire vie spirituelle commune à tous les fidèles.

Charisme et sainteté
Le Sar Rabindranaduval
Pierre Dac et Francis Blanche
TheManeliss

La tentation est subtile, et nous nous y laissons entraîner souvent dans notre appréciation de la sainteté. Pourtant saint Paul ne laisse planer aucun doute : après avoir énuméré toutes les sortes de charismes, il ajoute « Je vais maintenant vous indiquer la voie par excellence. » (1 Co 12,31), et cette voie, c’est celle de la charité, laquelle est la conséquence directe de la grâce sanctifiante.

Il vaut mieux donc chercher la sainteté que les charismes, pour extraordinaires que ceux-ci peuvent parfois paraître. La raison de cette priorité s’explique par ce qui constitue le sens de notre vie : l’amitié et l’union avec Dieu. La supériorité de la grâce sanctifiante relève de son caractère spirituel : les charismes ont une fonction sociale, mais la grâce sanctifiante est synonyme d’union à Dieu. Même si la favorisent, la conjonction des charismes et de la sainteté demeure une coïncidence accidentelle. Sainte Thérèse ne semble pas avoir fait de nombreux miracles.

L'Hymne à La Charité by Keur Moussa

P.-S.

Cet article est extrait de : Initiation théologique (Manuel du Sauchoir, tome III, 1955).

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