Faut-il jeûner avant la messe ?

mardi 20 mai 2014, par theopedie

En bref : Le jeûne eucharistique, c’est-à-dire la pratique de ne pas boire ni manger avant la messe par respect pour la communion, est de une heure.

L’observance du jeûne répond à un souci de préparation et de respect à l’égard de la nourriture consacrée. L’antique tradition était le jeûne complet de minuit à la messe. Depuis 1964, le jeûne a été ramené à une heure avant la communion. Plus précisément, il s’agit de s’abstenir de tout aliment et boisson. L’eau et les médicaments ne rompent pas le jeûne.

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Remarques particulières :

  • Les malades et les personnes fragiles ne sont pas astreints au jeûne et peuvent prendre quelque chose avant la messe (mais ce « quelque chose » n’est pas forcément un repas !).
  • Les prêtres qui célèbrent plusieurs messes par jour ne sont astreints au jeûne eucharistique que pour la première messe (cf. Canon 919).
  • Il est louable de jeûner si possible entre minuit et l’heure de la communion, notamment pour les prêtres (recommandation de l’Ordo Missae §30).

Voici deux raisons parmi d’autres que donne saint Thomas d’Aquin au jeûn eucharistique :

D’abord, selon S. Augustin « pour honorer un si grand sacrement ». C’est-à-dire qu’il ne doit pas entrer dans une bouche imprégnée de nourriture et de boisson. Le second motif est symbolique : pour faire entendre que le Christ, qui est la « réalité » de ce sacrement, et sa charité, doivent être établis avant tout dans nos cœurs, selon cette parole, en S. Matthieu (6, 33) : « Cherchez d’abord le royaume de Dieu. »

Il continue ainsi en expliquant la différence entre la cène, où les disciples n’étaient pas à jeun, et la messe :

Comme dit S. Augustin : « Ce n’est pas parce que le Seigneur l’a donné après le repas, que les frères doivent se réunir pour recevoir ce sacrement après qu’ils ont dîné ou soupé, ni le mêler à leurs festins, comme faisaient ceux à qui l’Apôtre adresse ses réprimandes et ses corrections. Car le Sauveur, pour mettre plus fortement en valeur la profondeur de ce mystère, a voulu le fixer en dernier lieu dans le cœur et le souvenir des disciples. C’est pourquoi il ne leur prescrivit pas de le prendre ensuite selon le même ordre, afin de laisser la décision en cette matière aux Apôtres qui devaient organiser les Églises en son nom. » (III.80.8)

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