Faut-il communier à la fois au corps et au sang du Christ ?

dimanche 21 décembre 2014, par theopedie

En bref : Seul le prêtre qui célèbre est tenu, en vertu d’un précepte divin, de communier sous les deux espèces.

En effet, parce qu’il consacre les saintes espèces, c’est aussi au prêtre de veiller à ce que le sacrifice soit mené à son achèvement. Or l’achèvement de l’eucharistie réside dans sa consommation. Les fidèles et les prêtres qui ne célèbrent pas, mais qui communient seulement, ne sont obligés ni par un précepte divin ni par nécessité de salut, de recevoir l’eucharistie sous les deux espèces (concile de Trente, 21,1-2). Traditionnellement, l’Église voit dans la manière de communier à l’une ou l’autre espèce comme un des détails qu’il lui appartient de régler de sa propre autorité (1 Corinthiens 11, 34).

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Communion aux deux oblats

 Arguments

En communiant au corps du Christ, on reçoit immédiatement son corps à manger. Et il en va de même pour le sang. Mais en réalité, corps et sang du Christ ne sont point séparés l’un de l’autre : on les reçoit tous deux sous chacun des deux oblats consacrés. En effet, la double transsubstantiation représente de manière séparée le corps et le sang du Christ, mais ne signifie pas en effet leur séparation réelle (en logique : l’adverbe « séparément » porte sur le mode de référence non sur le référent). Depuis la résurrection du Christ, son corps, son sang, son âme et sa déité ne sont plus en effet séparés : « Ressuscité, il ne meurt plus ». C’est ainsi qu’il faut entendre les paroles de l’apôtre.

Quiconque mange ce pain ou (è en grec) boit le calice du Seigneur indignement se rend coupable (de la profanation) du corps et (kai en grec) du sang du Seigneur (1Co 11,27).

On notera d’ailleurs que, dans le domaine spirituel, la faim et la soif signifient un même besoin spirituel de communier à la parole et à la sagesse divine. Ceci étant dit, il n’en reste pas moins vrai que la communion à la double oblation exprime plus clairement la plénitude de la grâce et le banquet messianique.

 Contre-argument et réponse

1) Il est écrit : « Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’aurez pas la vie éternelle en vous » (Jn6,52).

  • Jésus ne parle pas ici des deux oblats consacrées, mais d’une double réalité : son corps et son sang. De sorte que si le corps et le sang sont présents dans chacun des deux oblats, le précepte divin est satisfait.
  • De plus, l’analyse linguiste montre que cette phrase peut s’entendre au disjonctif : le « et » pouvant signifier ici « ou ». C’est une possibilité qu’offre l’hébreu.
  • Le Christ lui-même dans le même discours attribue à la réception du pain le même effet que la réception sous les deux espèces de son corps (Jean 6, 52).

2) Il est écrit « Prenez et mangez en tous » et « Prenez et buvez en tous » (Matthieu 26, 27).

  • Cette phrase s’adresse aux apôtres et à leurs successeurs, non à tous les fidèles, de même que la phrase « Vous ferez cela en mémoire de moi ». C’est le prêtre qui offre et consomme le sang en tenant la place de tous in persona Christ caput Ecclesiae.

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