En quoi consiste le péché d’Adam ?

lundi 4 novembre 2013, par theopedie

 Mauvaises interprétations

Disons-le tout de suite : le péché d’Adam ne consiste pas dans le fait d’avoir croqué une pomme. Celle-ci n’a jamais existé et Adam n’est pas blanche-neige...

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De même, certains veulent voir dans la faute originelle une faute de couple. S’il est vrai que le verbe hébreu « connaître » peut avoir des connotations sexuelles (« connaître une femme »), et que la présence d’un couple peut évoquer de telles connotations, une connotation n’est pas une raison. L’arbre représente une connaissance d’ordre morale en général et non la connaissance sexuelle.

De même, certains assimilent transgression et faute : c’est - disent-ils - parce qu’Adam a transgressé un interdit qu’il commet une faute. Ces mêmes personnes ajoutent ensuite que cette transgression représente le passage de l’enfant à l’adulte. Mais la Bible n’est pas un manuel de psychologie, pas plus que la structuration de l’identité ne passe obligatoirement par la transgression. Rappelons aussi qu’une transgression, en tant que transgression, n’est pas obligatoirement une faute morale : une transgression pour être juste doit être connue, motivée et posée par une autorité compétente.

 Le critère moral

Certes, ces critères sont remplis dans le cas d’Adam (il connaît l’interdit, celui-ci est motivé et posé par une autorité bienveillante), mais - redisons-le - ce qui fait problème, dans la faute d’Adam, ce n’est pas la transgression en tant que transgression. Ce sont les motifs qui l’amènent à transgresser un interdit : c’est l’intention qui constitue le péché. Or, l’intention d’Adam et d’Eve en mangeant du fruit de l’arbre de la connaissance est la suivante :

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Adam et Eve dans la gueule du serpent
D’après la Bible, le premier commandement devint la première tentation qui devint le premier péché.

Le serpent était le plus rusé de tous les animaux sauvages que le Seigneur Dieu avait fait. Il dit à la femme : « Alors, Dieu vous a dit : « Vous ne mangerez le fruit d »aucun arbre du jardin" » La femme répondit au serpent : « Nous mangeons les fruits des arbres du jardin. Mais, pour celui qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : ’Vous n’en mangerez pas, vous n’y toucherez pas, sinon vous mourrez.’ » Le serpent dit à la femme : « Pas du tout ! Vous ne mourrez pas ! Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal.  » La femme s’aperçut que le fruit de l’arbre devait être savoureux, qu’il avait un aspect agréable et qu’il était désirable, puisqu’il donnait l’intelligence. Elle prit de ce fruit, et en mangea. Elle en donna aussi à son mari, et il en mangea.

Gn 3, 1-6

L’histoire d’Adam et d’Ève
racontée comme un poème
theopedie, zZ2Vedl3zbU

On le voit, c’est pour devenir comme des dieux qu’Adam et Ève décident de manger du fruit défendu. La sagesse n’est pas désirée pour elle-même ici, mais comme un moyen de s’égaler à Dieu. Peut-être dira-t-on que vouloir devenir l’égal de Dieu n’est pas en soi un péché. Mais toujours est-il que le moyen choisi par Adam est foncièrement mauvais :

Constitué dans un état de sainteté, l’homme était destiné à être pleinement « divinisé » par Dieu dans la gloire. Par la séduction du diable, il a voulu être « comme Dieu » (cf. Gn 3, 5), « mais sans Dieu, et avant Dieu, et non pas selon Dieu » (CEC 398, citant saint Maxime le confesseur)

C’est pour devenir l’égal de Dieu (égal au sens de rival), il décide de mettre la main sur l’arbre et de s’approprier la connaissance qu’il procure. Adam avait découvert conscience morale et le secret inviolable qui la fonde, à savoir, le msytère du bien et du mal. Il prétend maintenant en être l’inventeur pour devenir l’égal de Dieu. En mangeant du fruit défendu, Adam prétend ainsi décider par lui-même de ce qui sera bien et de ce qui sera mauvais. Le péché d’Adam consiste donc en ceci : lui qui avait découvert le bien et le mal voulut aussi s’arroger le privilège divin d’être l’arbitre du bien et du mal.

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