En bref, à quoi se résume la religion selon Jésus ?

dimanche 9 juin 2013, par theopedie

Selon Jésus, la religion se résume en deux commandements : Avoir Dieu pour unique passion ; Être solidaire de ses semblables comme s’il s’agissait de soi-même. Ces deux commandements forment la colonne vertébrale de la religion chrétienne. C’est au cours d’une conversation avec un spécialiste de la religion juive que Jésus les a donnés :

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La charité
Peinture de Bouguereau. La charité est le nom chrétien de la solidarité et de la tendresse.

Un maître de la loi s’approcha de Jésus et lui demanda : « Quel est le plus important de tous les commandements ? » Jésus lui répondit : « Voici le commandement le plus important : “Écoute, Israël ! Le Seigneur notre Dieu est le seul Seigneur. Tu dois aimer le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ton intelligence et de toute ta force.” Et voici le second commandement : “Tu dois aimer ton prochain comme toi-même.” Il n’y a pas d’autre commandement plus important que ces deux-là. »

Le maître de la loi dit alors à Jésus : « Très bien, Maître ! Ce que tu as dit est vrai : Le Seigneur est le seul Dieu, et il n’y a pas d’autre Dieu que lui. Chacun doit donc aimer Dieu de tout son cœur, de toute son intelligence et de toute sa force ; et il doit aimer son prochain comme lui-même. Cela vaut beaucoup mieux que de présenter à Dieu toutes sortes d’offrandes et de sacrifices d’animaux. » Jésus vit qu’il avait répondu de façon intelligente ; il lui dit alors : « Tu n’es pas loin du Royaume de Dieu. » Après cela, personne n’osait plus lui poser de questions.

Mc 12, 28-34 (Bible en Français Courant=BFC])

Tout l’enseignement de Jésus tourne autour de ces deux commandements qu’il illustre et auxquels il prépare. L’amour de Dieu donne un sens à notre vie et l’amour des hommes lui donne un critère pratique d’action. L’amour de Dieu est premier, le plus important. Il constitue la dimension verticale de la religion, préoccupée de la gloire de Dieu. On parle alors de mystique. Mais cette élévation mystique ne doit être ni individuelle ni égoïste : elle doit se vérifier dans l’amour des hommes. C’est la dimension horizontale de la religion, qui se préoccupe du bien commun des hommes. On parle alors de philantropie, d’humanisme ou d’amour fraternel.

L’amour des ennemis
Extrait du film de Mel Gibson
theopedie

Pour Jésus, l’amour fraternel est plus que l’amitié qui unit deux personnes partageant les mêmes valeurs et une même vie. Certes, une telle amitié est le degré le plus haut et le plus savoureux de l’amour fraternel, mais l’amour fraternel doit être d’une telle qualité qu’il doit pouvoir s’étendre à tous, même à nos ennemis. On dit que l’amour fraternel culmine dans l’amour des ennemis.

Peut-être à ce propos convient-il de remarquer que l’amour dont il est question ne doit pas être pris pour un sentiment amoureux. Jésus ne demande pas d’aimer ses ennemis dans ce sens, et lui-même était très critique envers ses propres ennemis. Cet amour est un amour de solidarité : il s’agit de respecter ses ennemis, même s’ils nous maltraitent, ne pas les abandonner même s’ils nous veulent du mal, de vouloir leur bien même s’il faut pour cela s’opposer à eux. C’est à ce prix-là que l’on peut savoir si l’on est vraiment un homme qui a à cœur le bien de sa communauté.

Pour ceux qui trouveraient ce résumé encore trop long, Jésus le condense en une seule phrase : « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jn 15, 9-17). Difficile de faire plus court et, sachant que Jésus est mort pour ses amis, plus exigeant !

P.-S.

Saint Paul dans sa lettre aux Corinthiens a écrit un hymne à la charité, que nous ne pouvons pas ne pas citer. La charité est le nom de l’amour chez les chrétiens. Dans le lien suivant, des moines africains chantent cette hymne.

L'Hymne à La Charité by Keur Moussa

Et voici cet hymne traduit par Racine :

Les méchants m’ont vanté leurs mensonges frivoles ;
Mais je n’aime que les paroles
De l’éternelle vérité.
Plein du feu divin qui m’inspire,
Je consacre aujourd’hui ma lyre
À la céleste Charité.

En vain je parlerais le langage des anges ;
En vain, mon Dieu, de tes louanges
Je remplirais tout l’univers :
Sans amour, ma gloire n’égale
Que la gloire de la cymbale
Qui d’un vain bruit frappe les airs.

Que sert à mon esprit de percer les abîmes
Des mystères les plus sublimes,
Et de lire dans l’avenir ?
Sans amour ma science est vaine,
Comme le songe, dont à peine
Il reste un léger souvenir.

Que me sert que ma foi transporte les montagnes ;
Que dans les arides campagnes
Les torrents naissent sous mes pas,
Ou que, ranimant la poussière,
Elle rende aux morts la lumière,
Si l’amour ne l’anime pas ?

Oui, mon Dieu, quand mes mains de tout mon héritage
Aux pauvres feraient le partage ;
Quand même, pour le nom chrétien
Bravant les croix les plus infâmes,
Je livrerais mon corps aux flammes ;
Si je n’aime, je ne suis rien.

Que je vois de vertus qui brillent sur ta trace,
Charité, fille de la Grâce !
Avec toi marche la douceur,
Que suit avec un air affable
La Patience, inséparable
De la Paix, son aimable sœur.

Tel que l’astre du jour écarte les ténèbres,
De la nuit compagnes funèbres :
Telle tu chasses d’un coup d’œil
L’envie aux humains si fatale,
Et toute la troupe infernale
Des vices, enfants de l’orgueil.

Libre d’ambition, simple et sans artifice,
Autant que tu hais l’injustice,
Autant la vérité te plaît.
Que peut la colère farouche
Sur un cœur que jamais ne touche
Le soin de son propre intérêt ?

Aux faiblesses d’autrui loin d’être inexorable,
Toujours d’un voile favorable
Tu t’efforces de les couvrir :
Quel triomphe manque à ta gloire ?
L’amour sait tout vaincre, tout croire,
Tout espérer, et tout souffrir.

Un jour Dieu cessera d’inspirer des oracles ;
Le don des langues, les miracles,
La science aura son déclin :
L’amour, la charité divine,
Éternelle en son origine,
Ne connaîtra jamais de fin.

Nos clartés ici-bas ne sont qu’énigmes sombres :
Mais Dieu sans voiles et sans ombres
Nous éclairera dans les cieux ;
Et ce soleil inaccessible,
Comme à ses yeux je suis visible,
Se rendra visible à mes yeux.

L’amour sur tous les dons l’emporte avec justice.
De notre céleste édifice
La foi vive est le fondement ;
La sainte espérance l’élève,
L’ardente charité l’achève
Et l’assure éternellement.

Quand pourrai-je t’offrir, ô charité suprême,
Au sein de la lumière même,
Le cantique de mes soupirs ;
Et, toujours brûlant pour ta gloire,
Toujours puiser et toujours boire
Dans la source des vrais plaisirs !

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