Doit-on mélanger de l’eau avec le vin de messe ?

vendredi 28 novembre 2014, par theopedie

En bref : On doit mélanger au vin un peu d’eau. Cette condition ne concerne pas la validité du sacrement, mais la licéité, et engage sous peine de péché. Il faut que la quantité d’eau soit faible : si la proportion atteint 1/5, la consécration est certaine, mais au-delà de 1/3, elle devient douteuse.

Il ne s’agit pas là d’une précepte divin mais d’un précepte ecclésiastique. Comme ce mélange est un acte sacré, symbolique et religieux, il doit se faire dans le calice et en union immédiate avec le sacrifice de la messe. L’eau doit être mélangée en quantité faible pour ne pas dénaturer le vin (c’est le vin qui est transformé en sang du Christ : l’eau ne l’est que médiatement par la consécration du vin). Plusieurs raisons expliquent ce mélange :

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  • Pendant la dernière cène, Jésus a probablement mélangé de l’eau avec du vin, comme cela était l’usage dans l’Orient. Cette pratique, justifiée par la qualité du vin d’alors, est sanctionnée dans la Bible en ( ) et rapportée par la tradition de l’Église primitive (Par exemple dans L’apologie,1,67 de Justin Martyr).
  • Le mélange de l’eau et du vin rappelle symboliquement le sang et l’eau qui s’échappèrent miraculeusement du côté du Sauveur mort sur la croix (Jean 19, 35). A son tour, ce mélange rappelle que les sacrements sortent du cœur du Christ, transpercé pour nous.
  • Ce mélange symbolise enfin l’effet le plus excellent de la messe : l’union surnaturelle du corps mystique de Jésus (l’Église et ses fidèles) avec son chef (le Christ). Jésus, la « vraie vigne », est représenté par l’élément le plus noble (le vin) tandis que les fidèles sont représentés par l’eau. D’où ces paroles, au moment du mélange :

Comme cette eau se mêle au vin, puissions-nous être unis à la divinité de celui qui a pris sur lui notre humanité.

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