Doit-on absoudre ceux qui sont soumis à la tentation ?

mercredi 8 juillet 2015, par theopedie

En bref : Il faut distinguer ceux qui sont soumis à une tentation prévisible et ceux qui sont soumis à une tentation non prévisible. Tandis qu’il faut essayer de se libérer des occasions prévisibles de pécher, les occasions éloignées de pécher peuvent être admises.

 Ce que dit la Bible

Si ta main ou ton pied entraînent ta chute, coupe-les et jette-les loin de toi ; mieux vaut pour toi entrer dans la vie manchot ou estropié que d’être jeté avec tes deux mains ou tes deux pieds dans le feu éternel ! Et si ton œil entraîne ta chute, arrache-le et jette-le loin de toi ; mieux vaut pour toi entrer borgne dans la vie que d’être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne de feu !

Matthieu 18, 8-9

Dieu dit à l’impie : Pourquoi réciter mes commandements et avoir mon alliance à la bouche, toi qui détestes la correction et rejettes mes paroles ? Si tu vois un voleur, tu deviens son complice, tu prends ta place chez les adultères. Tu livres ta bouche à la méchanceté, tu associes ta langue au mensonge. Tu t’assieds, tu parles contre ton frère, tu salis le fils de ta mère. Voilà ce que tu as fait, et je me tairais ? Tu t’imagines que je suis comme toi ? Je t’accuse, j’étale tout sous tes yeux. Comprenez-le, vous qui oubliez Dieu ! Sinon je déchire, et nul ne délivrera.

Psaumes 50, 16-22

On appelle

  • occasion une circonstance extérieure qui entraîne quelqu’un au péché et le lui facilite.
  • occasionnaire celui qui se trouve dans un contexte qui l’entraîne au péché.

 Différents types d’occasions

On considérera dans la confession non pas de l’occasion éloignée, mais l’occasion prochaine, c’est-à-dire d’une occasion dans laquelle quelqu’un pèche toujours ou presque toujours, si bien que, même pour l’avenir, il est moralement certain ou très probable que quelqu’un pèche quand il est dans cette occasion.

Peu importe si les gens succombent en général dans ce cas (occasion absolue) ou seulement une personne déterminée en raison de ses dispositions particulières (occasion relative). L’occasion éloignée n’entre pas ici en considération parce qu’on peut s’y exposer pour un motif raisonnable.

L’occasion prochaine peut être volontaire ou nécessaire. On peut facilement éviter la première. L’éloignement de la seconde est physiquement ou moralement impossible.

 Absolution des occasionnaires : occasion proche volontaire

Celui qui ne veut pas fuir l’occasion prochaine volontaire de pécher ne peut être absous. Cette règle s’applique même s’il veut par la prière, etc, éloigner la source de tentation.

Celui qui promet sincèrement de fuir immédiatement cette occasion peut être absous aussi. Mais celui qui a déjà assez souvent manqué à cette promesse présente des dispositions douteuses. Il ne peut donc pas d’ordinaire être absous sans avoir au préalable écarté l’occasion.

Si l’éloignement d’une occasion est lié à de grands efforts moraux (renvoi d’une personne, sortie de service, etc), on peut dès la première fois différer l’absolution jusqu’à ce que l’occasion soit éloignée.

 Absolution des occasionnaires : occasion proche nécessaire

Celui qui n’écarte pas l’occasion prochaine nécessaire du péché grave, mais veut, en employant des moyens appropriés, la transformer en occasion éloignée, peut être absous. En effet, des moyens de ce genres peuvent ou bien accroître les forces spirituelles (prières, sacrements, méditation des grandes vérités) ou bien diminuer la force de la tentation (vigilance sur les regards, etc).

Celui qui, en dépit des moyens employés, retombe sans cesse ne peut être forcé d’abandonner à tout prix l’occasion, mais il faut insister pour lui faire employer avec plus de zèle les moyens préventifs. Mais si cette occasion le mettait en péril prochain de damnation éternelle, il devrait y renoncer, même au prix de sa vie.

Ne peut être absous celui qui ne veut pas employer les moyens appropriés pour faire de cette tentation une tentation éloignée.

 Degré de l’occasion

Entre l’occasion éloignée et l’occasion prochain, il y a divers degrés intermédiaires. Plus grand est le danger, plus il faut exiger des motifs importants pour ne pas abandonner cette occasion. Celui qui, sans motif suffisant, n’évite pas une occasion qui n’est plus à proprement parler une occasion éloignée, mais n’est pas encore une occasion prochaine, commet au moins un péché véniel.

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