Dieu peut-il être une « personne » ?

mercredi 5 mars 2014, par Denis Cerba

Après six chapitres de considérations préliminaires, Swinburne commence (dans le chapitre 7) à examiner la question centrale posée par La cohérence du théisme : les propositions crédales du théisme sont-elles ou non cohérentes ?

Rappelons une nouvelle fois que se demander si ce que dit le théisme est cohérent, ce n’est pas encore se demander si c’est vrai. C’est l’étape préalable, indispensable, qui consiste à vérifier si les propositions crédales ont un sens et si elles peuvent être vraies (= s’il est déjà simplement possible de supposer qu’elles le soient).

La première proposition crédale que Swinburne examine (dans le chapitre 7) est la suivante : Il existe un esprit omniprésent (Dieu). C’est l’une des affirmations les plus basiques du théisme. « Esprit » signifie ici : personne dépourvue de corps. Quant à « omniprésent », cela signifie : partout présent. Au cœur du théisme, il y a donc l’affirmation que Dieu est une personne - mais une personne d’un type singulier : une personne sans corps matériel et partout présente.

Que Dieu soit une personne, mais une personne dépourvue de corps, semble être l’affirmation la plus élémentaire du théisme. C’est en leur disant ceci, ou quelque chose qui l’implique (par exemple que Dieu écoute toujours nos prières et parfois les exauce, a des projets pour nous, nous pardonne nos péchés, mais n’est pas un être matériel) qu’on initie les petits enfants au concept de Dieu. (The Coherence of Theism, chap. 7, p. 101)

Néanmoins, cette affirmation soulève immédiatement une question : est-elle cohérente ? Dieu peut-il être une personne, si, contrairement à celles que nous connaissons ordinairement, il n’a pas de corps et est partout présent ? Est-il possible de réunir dans un seul être les notions de personne, d’immatérialité et d’omniprésence ?

Pour répondre à cette question fondamentale, examinons tour à tour les questions suivantes :

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