Dieu oublie-t-il pour toujours les péchés pardonnés ?

mardi 14 juillet 2015, par theopedie

En bref : Les péchés remis par la pénitence sont remis pour toujours : ils ne réapparaissent ni sous le rapport de la coulpe, ni sous le rapport de la peine, même en cas de rechute.

C’est Dieu, et Dieu seul, qui efface les iniquités et qui ne songe plus aux péchés (Esaïe 43, 25). Cette œuvre de Dieu - le pardon, l’anéantissement de la tache du péché et de la peine éternelle - ne peut être rendue vaine par aucun acte humain.

La Bible enseigne d’ailleurs que la puissance de la grâce détruit entièrement le péché. Dieu efface les iniquités comme une nuée, et les péchés comme un nuage (Esaïe 44, 22). C’est-à-dire comme le nuage et la nuée fondent et se dissipent sous les rayons ardents du soleil, ainsi le Seigneur fait-il disparaître le péché. Le sang de Jésus opère une véritable purification du péché, une purification intérieure (1 Jean 1, 7). Le Seigneur prend les péchés, il les jette dans les profondeurs de la mer (Michée 7, 19), en sorte qu’ils sont tous anéantis et ensevelis dans l’oubli. Dieu jette loin de lui tous les péchés. Cette image indique, elle aussi, l’oubli complet.

Pour que les péchés soient « couverts », cachés, c’est-à-dire soustraits aux regards de Dieu qui sait tout, il faut qu’ils soient complètement effacés, aussi entièrement que s’ils n’avaient jamais existé. Et si nos iniquités ne sont plus imputés, c’est qu’elles ont été anéanties.

Dieu, en effet, accorde la rémission des péchés de manière véritable, c’est-à-dire absolument et non pas à condition que le coupable ne retombe pas dans son péché. A ces dons de la grâce, on peut appliquer le mot de saint Paul : ils sont « sans repentance » (Romains 11, 29) et l’infidélité de l’homme n’anéantit pas la fidélité de Dieu (Romains 3, 3).

Ce n’est que relativement, ou sous un certain point de vue, que les péchés déjà pardonnés réapparaissent par la rechute dans la faute : en ce sens que le pardon précédent aggrave le péché suivant, parce qu’il s’y trouve en plus le mépris des bienfaits passés. La rémission des péchés est en effet un grand bienfait de Dieu et celui qui pèche de nouveau montre qu’il n’a pas su apprécier la grandeur de ce bienfait. Cette ingratitude constitue une circonstance plus ou moins aggravante.

S. Paul nous dit en effet (Rm 2, 5) : « Par ton endurcissement et l’impénitence de ton cœur, tu t’amasses un trésor de colère pour le jour de la colère » du seul fait « qu’il y a mépris de la bonté de Dieu qui attend notre pénitence ». Mais le mépris de la bonté de Dieu est encore beaucoup plus grand quand, après le pardon du premier péché, il y a rechute, et d’autant plus grand que le bienfait du pardon est plus grand, supérieur à celui de la simple patience envers le pécheur. (Saint Thomas III,89,1)

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