Dieu est-il immuable, selon la Bible ?

lundi 21 avril 2014, par Paul Adrien d’Hardemare

En bref : Une des sources majeures de la théologie ayant inspiré la doctrine de l’immutabilité divine est la Bible. Plusieurs passages dans ce livre indiquent clairement que l’Absolu divin est sans changement.

Trois passages en particuliers peuvent retenir l’attention du lecteur :

Immutability of God by AW Tozer
Theology by AW Tozer - Immutability of God
RevivalChicago

Moi YHWH je ne change pas (Malachie 3,6)

Dans ce passage, le prophète entend souligner la fidélité de Dieu, qui ne change pas d’avis et dont l’alliance reste éternelle, malgré les vicissitudes de son peuple. L’immutabilité divine n’y est pas explicitement affirmée, mais il y a dans ce passage des implications qui vont dans le sens de cette doctrine métaphysique (« How can we be condifent of God’s consistent character if who he is in himself is subject to change ? The only way we can trust that God will always be the same in his character and purposes is trusting he will always be the same in his being » Kevin De Young). Un autre passage est le suivant :

[Le paradis (le ciel) et l’univers (la terre)] s’useront comme un vêtement : comme un habit tu les changeras et ils seront changés : mais toi, tu restes le même, de toujours à toujours tu es (Psaume 102).

Le psalmiste dresse ici un contraste entre la création et le Créateur et ce contraste pointe vers une durée et une permanence divine d’un tout autre ordre que tout ce que l’on peut voir dans la création. Il y a ici en germe la doctrine de l’immutabilité. Le troisième texte est celui de saint Jacques :

[Tout vient de Dieu], le Père des astres, en qui n’existe aucune évolution, ni l’ombre d’un changement (Jacques, 1,17).

Dans ce passage, saint Jacques attribue tous les dons à la générosité de Dieu, laquelle ne change pas. Il y a ici une affirmation explicite de l’immutabilité divine.

The Immutability of God
Unpopular Bible Doctrines #15
CAnswersTV

Objections

Il existe beaucoup d’autres passages bibliques où Dieu est dit changer. Par exemple, à propos de Noé, Dieu se repent d’avoir créé les hommes et change d’avis : plutôt que de les supporter, il décide de les anéantir dans un déluge. Ce passage, comme tous les autres passages, s’il est lu de manière littérale, entre en contradiction avec la doctrine de l’immutabilité.

L’interprétation littérale n’est toutefois qu’une interprétation parmi d’autres (et souvent une interprétation que la tradition chrétienne classique a rejetée). Indiquons brièvement la manière traditionnelle de lire ces passages :

  • Quand Dieu est dit changer d’avis et se repentir, il s’agit d’un changement relatif et non absolu. Par là, comprenons que ce n’est pas Dieu qui a changé mais la manière dont le monde se relie à son Créateur.
  • Quand Dieu est dit apprendre quelque chose, il s’agit d’un factitif : « Maintenant, je sais » signifie en réalité « Maintenant, je fais savoir » (c’est la même règle que celle à l’oeuvre dans l’expression latin Caesar pontem fecit).
  • Quand Dieu entreprend une action salvifique puis une autre action salivifique (par exemple, parler à travers des prophètes, puis se taire, puis envoyer son Fils), il s’agit en réalité d’une seule action, mais la logique et l’unité demeurent mystérieuses, jusqu’à ce que tout soit à jamais révélée.

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