Dieu a-t-il aboli les sacrifices ?

mardi 9 décembre 2014, par theopedie

En bref : De même que le Christ n’est pas « venu abolir mais accomplir », Dieu n’a pas aboli les sacrifices, mais en a remplacé le contenu.

Malachie (Malachie 1, 6-14) clôt la série des prophètes par l’évocation d’un sacrifice non sanglant (une oblation) parfaite : « Mon nom est grand parmi les nations et l’on offre en tout lieu à mon nom de l’encens et une oblation pure ». Ce qui est ici annoncé est un culte glorifiant la majesté de Dieu sur toute la terre par l’oblation d’un sacrifice consommé. Inversement, ce qui est annoncé ici n’est pas la cessation de toute activité sacrificielle, mais leur transformation et leur rénovation : « Dieu a aboli les premiers sacrifices pour établir le second » (Hébreux 10, 9).

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Le prophète Malachie
annonçant l’eucharistie
Fresque de Viterbe

C’est-à-dire : si Dieu a aboli les anciens sacrifices, c’est pour établir un sacrifice plus parfait. Les négligences commises par les prêtres lévites ne sont donc pas la cause mais l’occasion et le prétexte pour annoncer cette transformation à venir. En effet, la cessation des premiers sacrifices et l’institution d’un nouveau sacrifice n’ont pas leur première raison dans la culpabilité des sacrificateurs, mais dans l’insuffisance même des anciens sacrifices. C’est d’ailleurs à cause de leur insuffisance que, selon l’épître aux Hébreux, ces sacrifices devaient sans cesse être renouvelés (Hébreux 10, 1-4). Voilà pourquoi, alors même que l’on pouvait offrir ces sacrifices de manière non coupable, Dieu ne veut plus les accepter (Hébreux 10, 5-10) : il les a remplacés par un nouveau contenu que tout sacrifice devra reprendre à cause de son excellence, le sacrifice pur et parfait, celui de son Fils (Hébreux 10, 9-14).

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