De quoi les sacrements sont-ils le signe ?

jeudi 26 juin 2014, par theopedie

En bref : Un sacrement est un signe de la grâce. Mais cette grâce est exprimée dans toute sa latitude historique : son origine en Jésus, son effet présent dans la consécration intérieure de l’homme à Dieu, et sa consommation à venir dans la vie éternelle.

Il ne faut pas rétrécir indûment cette signification à l’égard de la grâce. Celle-ci est à prendre dans toute son extension, avec sa source et sa fin. Dans l’antienne O sacrum convivium, saint Thomas d’Aquin a parfaitement énoncé cette triple signification, à propos de l’eucharistie qui est le « sacrement par excellence » :

Francisco Guerrero - O sacrum convivium
Eucharistie à Rome
PapalMusic

  • « O banquet sacré dans lequel le Christ est mangé » : c’est l’icône produite.
  • « On y célèbre la mémoire de sa passion » : le sacrement est signe de la cause passée.
  • « L’âme y est comblée de grâce » : le sacrement est signe de son effet présent.
  • « Et nous y donne le gage de la gloire future » : le sacrement est signe et prémisse de son accomplissement définitif.

Nous venons de le dire : on appelle sacrement à proprement parler ce qui est ordonné à signifier notre consécration. Or on peut distinguer trois aspects de notre consécration :

  1. sa cause (et son origine) proprement dite, qui sont les souffrances du Christ ;
  2. sa structure, qui consiste dans la grâce et les vertus ;
  3. sa fin ultime, qui est la vie éternelle.

Les sacrements signifient tout cela. Un sacrement est donc un signe qui remémore la cause passée, les souffrances du Christ ; manifeste l’effet de ces souffrances en nous, la grâce ; et qui prédit la gloire future.
(Thomas d’Aquin, III, 60,3)

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Pompe liturgique
La signification eschatologique du sacrement est à mettre en relation avec le « décorum » liturgique, lequel s’efforce d’exprimer la réalité du culte à venir dans la Jérusalem céleste.

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