Comment sommes-nous incorporés au Christ par la communion eucharistique ?

mardi 30 décembre 2014, par theopedie

En bref : La communion reçue dignement produit une double incorporation du fidèle en Jésus Christ : une incorporation sacramentelle et comme matérielle et une incorporation spirituelle et comme structurelle .

Cette incorporation est d’abord sacramentelle : c’est une union réelle et, pour ainsi dire, matérielle, puisque le corps du sauveur est réellement présent et mangé dans l’eucharistie. Toutefois, ce mode d’existence sacramentelle ou cette présence de Jésus Christ est de telle nature qu’il ne peut y avoir contact corporel immédiat ni par conséquent, incorporation physique proprement dite, entre le corps du sauveur et le corps de celui qui communie. Elle se fait au moyen du pain et du vin entendu comme simple phénomène (« espèces »), et dès lors, entre le corps eucharistique du sauveur et le corps de celui qui le reçoit, il n’y a qu’une union improprement dite. C’est une incorporation de simple contact, analogue au contact qu’il peut y avoir entre le sang du Christ et le calice qui le contient. Cette union matérielle n’est pas le but mais la condition nécessaire pour que le sacrement exerce sa véritable finalité : nous unir mystiquement au Christ.

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La communion
Chambre de la signature
Raphaël

Cette incorporation est enfin mystique, par les liens de la charité. L’effet principal de l’eucharistie est précisément l’incorporation surnaturelle dans la charité : par elle, Jésus demeure en nous et nous en lui (Jean 6, 57) alors même que la présence sacramentelle du Christ a cessé.

Par cette mystérieuse incorporation, « nous sommes un en Jésus Christ » (Galates 3, 28) et le sauveur dans l’eucharistie est le lien tout puissant qui rassemble et unit tous les membres de l’Église. Cette union intime et vivante des fidèles, cette union « enracinée et fondée dans la charité du Christ » ( ) par la participation au corps du Sauveur, a son type le plus auguste dans l’unité de substance des trois personnes divines (Jean 17, 20-26). « O sacrementum pietatis ! O signum unitatis ! O vinculum caritatis ! »Saint Augustin. On voit par là comme l’eucharistie a une valeur tout ensemble surnaturelle et sociale.

Les pères de l’Église aimaient à montrer dans notre sacrement le principe fécond des œuvres et des merveilles que la charité pour le prochain inspire, en supprimant toute distinction sociale dans le rapprochement qui se fait entre le puissant et le pauvre, invités à une même table : « Ici, une même table est préparée pour le César qui porte le diadème et la pourpre, qui gouverne le monde, et pour le pauvre qui implore votre aumône » (St Chrysostome).

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