Comment comprendre l’énigme de l’ivraie ?

vendredi 14 juin 2013, par theopedie

La parabole du bon grain (le blé) et du mauvais grain (l’ivraie) est proposée par Jésus (Matthieu 13:36-43) comme une énigme. Cette énigme raconte l’histoire d’un propriétaire agricole qui sème du bon grain dans son champ. Une nuit, son ennemi vient et sème du mauvais grain (de l’ivraie) dans le même champ et s’en va. Comme le blé et les mauvaises herbes poussent ensemble, les serviteurs du propriétaire se proposent d’arracher l’ivraie, mais le maître de maison refuse, par peur d’arracher en même temps du blé. Il déclare préférer attendre la moisson pour récolter et séparer le blé et l’ivraie : il brûlera l’ivraie et entreposera avec soin du blé.

Dans le texte évangélique, après avoir donné la parabole comme énigme à la foule, Jésus l’explique à ses disciples qui ne l’avaient pas non plus comprise :

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Femmes séparant le blé de la paille

  • Le champ représente le monde ;
  • Le propriétaire qui sème le grain représente le Fils de l’homme (c’est-à-dire Jésus lui-même) ;
  • Les serviteurs du propriétaire représentent les « fils du royaume », c’est-à-dire les justes à qui le paradis appartient ;
  • L’ennemi qui sème l’ivraie représente le Démon ;
  • L’ivraie représente les « fils du démon », ceux qui font le mal en connaissance de cause ;
  • La moisson représente la fin du monde ;
  • Les moissonneurs représentent les anges.

Avec cette explication, on comprend que la parabole de l’ivraie est une illustration de la manière dont les hommes justes vivent sur terre. Quand Jésus disait : « Le royaume des cieux s’est approché ! » (Matthieu 4:17, Marc 3:2), il parlait du paradis qui peu à peu se développe sur terre, mais concrètement ce paradis se développe sur terre côte-à-côte avec un autre royaume, celui du diable (1 Jean 5:19). En effet, depuis la chute d’Adam et Ève, le monde est depuis en proie à la tentation du mal et les hommes justes vivent au milieu des hommes injustes.

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L’ivraie au milieu du blé

Devant cette situation mêlée, cette énigme fonctionne comme une morale de sagesse : si le maître du champ refuse de désherber son champ avant l’heure, ce n’est aux serviteurs de le faire. Si Dieu refuse de juger les hommes avant la fin du monde, ce n’est pas aux hommes religieux de le faire. Lors de la fin du monde, les anges purifieront le monde et le paradis sera une réalité pleine et entière : il n’y aura pas de « mauvaises herbes » avec le « blé ». Mais pour l’heure, le bon grain (les hommes justes) et le mauvais grains (les hommes pervertis) doivent vivre ensemble.

On fera attention : dans cette parabole (contrairement à la parabole du figuier), il s’agit moins de donner aux mauvais une chance de se repentir que de préserver les justes d’une punition collective qu’ils ne méritent pas.

On fera attention aussi à une autre interprétation : malgré l’explication claire de Jésus identifiant le champ et le monde, beaucoup de commentaires et sermons ont tenté d’identifier le champ et l’Église. La parabole servirait alors à montrer comment l’Église est emplie à la fois de vrais croyants (le blé) et de mauvais croyants (l’ivraie). Même si cela est probablement vrai, Jésus explique clairement que le champ n’est pas l’Église, mais le monde (Matthieu 13:38). Jésus en effet n’a jamais demandé de laisser les mauvais croyants dans l’Église (s’ils ont fait des fautes graves avérées). Au contraire, pour Jésus, il faut s’efforcer de purifier l’Église et de reprendre ces croyants (Matthieu 18).

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