Associer Adam à la paléoanthropologie, est-ce faire du concordisme ?

mercredi 15 janvier 2014, par Paul Adrien d’Hardemare

Dire que le Adam biblique était le premier homo sapiens, est-ce une manière indue de lire la Bible ? est-ce user de l’autorité de la science pour augmenter le prestige du texte biblique ? une façon de déformer le texte biblique pour le rendre compatible de force avec la science moderne ? Dire qu’Adam est à la fois le personnage de la Bible et le maillon manquant entre l’humanité et l’animalité, celui-là même que cherche la paléoanthropologie, est-ce faire du concordisme ?

Pour répondre à cette question, il convient de rappeler que le concordisme peut signifier deux choses différentes. Il peut signifier

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Le livre de la nature
La Bible parlant du Big Bang...

  • le fait d’interpréter les textes sacrés de façon à pouvoir affirmer que ces mêmes textes ont anticipé les découvertes scientifiques à venir.
  • le fait de chercher les points de concorde entre la science et la Bible.

Il ne saurait être question de faire du concordisme dans le premier sens du terme. Bible et science sont deux domaines distincts, et on ne peut asservir l’un à l’autre. Il ne saurait non plus être question de dire que la Bible a anticipé les résultats de la paléoanthropologie : les auteurs bibliques n’avaient aucune idée de l’évolution ni de ce qu’est un fossile. Pas plus qu’on ne peut dire que les paléoanthropologues ont prouvé l’existence d’Adam à travers le modèle « Out Of Africa » : les paléoanthropologues ont d’autres objectifs que l’apologie du texte biblique.

Ceci étant dit, il est tout à fait loisible et même louable de faire du concordisme dans le deuxième sens du terme. Il ne s’agit pas de vouloir faire concorder à tout prix science et religion, mais de prendre le meilleur de la paléoanthropologie et le meilleur de la Bible pour les mettre en regard.

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La paléoanthropologie possède en effet certaines zone d’ombre : qu’est-ce que signifie être un homme ? quelle est la plus grande découverte de l’humanité ? A ces questions, la Bible apporte une réponse que la paléoanthropologie ne saurait donner. A l’inverse, le texte biblique possède certaines zones d’ombre : quand a vécu le premier homme ? comment vivait-il ? A ces questions, c’est la paléoanthropologie qui va permettre d’apporter des réponses que la Bible ne saurait donner.

La Bible apporte un certain éclairage sur le début de l’humanité, la paléoanthropologie en apporte un autre. Rien n’empêche de mettre le premier homme sous le feu de deux lumières croisées, et de reconstruire son identité à l’aune des meilleurs théories scientifiques et philosophiques. Le concordisme peut aussi être une preuve d’intelligence.

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