Adam est-il l’ancêtre de tous les hommes ?

samedi 14 décembre 2013, par Paul Adrien d’Hardemare

Cette question a connu beaucoup d’heurs et de malheurs. Elle était un présupposé reconnu quasi universellement au début du XIXe siècle, puis avec le triomphe de la théorie de l’évolution, un présupposé rejeté de façon tout aussi universelle au cours du XXe siècle. Enfin, à la fin du XXe siècle, avec les progrès de la science, cette question est redevenue un authentique enjeu scientifique.

 Le problème et sa résolution

En termes scientifiques, on oppose deux théories scientifiques : monogénisme (un seul couple humain à l’origine de l’humanité) et polygénisme (plusieurs couples humains à l’origine de l’humanité).

Sur les traces d’Adam
Documentaire et (bonne) science-fiction
Rayyisse Sidahmed, IMyoIEa6lsk
  • La théorie néo-darwinienne de l’évolution plaide en faveur du polygénisme. En effet, son concept fondateur est le concept d’« espèce ». C’est au sein d’un espèce que prennent place les mutations génétiques lesquelles séparent les espèces entre elles. Cette théorie recèle encore beaucoup de zones d’ombre (comment apparaissent et se propagent les mutations génétiques au sein d’une espèce).
  • La micro-génétique plaide en faveur du monogénisme. En étudiant les caractéristiques mitochondriales, on aboutit à postuler l’existence d’une mère humaine unique, de même qu’en étudiant les caractéristiques génétiques du chromosome Y, on aboutit à postuler l’existence d’un père humain unique. Observons que, là encore, ces recherches laissent des zones d’ombre (ces recherches sont-elles fiables ? l’Adam et Eve scientifiques coïncident-ils avec l’Adam et Eve bibliques ?).
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Le chromosome Y

Comme nous l’avons dit, ces deux méthodes ont un problème commun : elles ne procèdent pas d’une saine lecture biblique. Redisons-le : ce qui caractérise l’origine de l’humanité, pour la Bible, c’est moins l’apparition du corps humain que l’apparition de l’esprit humain et de la conscience morale. Il ne sert à rien de vouloir prouver l’unique ascendance de l’humanité d’un point de vue d’abord biologique et génétique : quand bien même serait-elle vraie sur le plan scientifique (ce qui paraît probable), nous sommes ici en présence d’un contresens anthropologique.

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Adam parlant du bien et du mal
à ses proches
(il s’agit en fait d’hommes néandertaliens)

Reprenons donc les choses, mais différemment. C’est parce qu’il fut le premier a découvrir le bien et le mal et à avoir une conscience morale qu’« Adam » méritât, selon la Bible, le titre de premier homme. Rien n’empêche que à l’époque où Adam vivait, d’autres hommes génétiquement compatibles existassent eux-aussi - quoique, à parler rigoureusement, ils méritassent moins le titre d’hommes que celui d’hominidés puisqu’ils ne connaissaient ni le bien ni le mal et n’avaient pas de conscience morale (« la petite voix dans la tête »). De même, nous avons dit que c’est parce que cette découverte capitale du bien et du mal a forcément eu lieu un jour quelque part que nous pouvons être sûr de l’existence d’Adam. Autrement dit, ce qui compte avant toute chose c’est la découverte d’« Adam ». De même manière, c’est au fur et à mesure que cette découverte s’est propagée au sein de l’espèce hominidée que l’espèce humaine s’est propagée.

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La famille des hominidés
Où se situe la découverte qui a fondé l’humanité ?

C’est en ce sens que l’on peut dire et que l’on doit dire qu’Adam est l’unique ancêtre de tous les hommes.

 Propagation de la psychologie humaine

Il est maintenant possible de donner à l’unique ascendance d’« Adam » une interprétation faible et une interprétation forte :

  • (Interprétation forte) Soit que sa découverte se soit propagée uniquement à travers sa descendance. On dira alors que les enfants d’« Adam » ont fini par imprégner de leur bagage psychologique et génétique toute l’espèce hominidée. On retrouve ici - mais à leur juste place - les hypothèses génétiques portant sur les mutations du chromosome Y.
  • (Interprétation faible) Soit que cette découverte se soit propagée à travers la culture hominidée. « Adam » aurait alors simplement appris à ses proches hominidés la différence entre le bien et le mal, entraînant chez ces hominidés des changements psychologiques identiques. Autrement dit, les autres hominidés auraient eu des capacités cérébrales suffisantes pour saisir le génie moral d’« Adam », et au fur et à mesure que cette culture morale se propageait parmi les hominidés, l’espèce humaine se propageait elle aussi.

Ces deux interprétations sont possibles. Il existe néanmoins quelques indices amenant à rendre davantage probable l’interprétation forte :

  • La culture hominidée était-elle capable d’accueillir le concept universel de bien et de mal ? Il y avait avant « Adam » une culture animale et technique, mais non une culture véritablement rationnelle. Or, la découverte d’« Adam » marque une véritable rupture en terme d’universalité des notions. À tel point que c’est probablement elle qui fonde la culture et le langage plutôt que l’inverse. Il est donc peu probable que cette rupture soit propagée à l’intérieur d’une culture préexistante.
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    Modèle Out of Africa
  • Quand bien même il y a priorité de l’esprit par rapport au corps, il n’empêche que la conscience morale ne peut apparaître que dans un cerveau suffisamment adapté. En conséquence, l’émergence de la conscience est liée à une série de mutations génétiques (Liée, non au sens d’une condition nécessaire et suffisante, mais au sens d’une condition nécessaire). La découverte d’« Adam » n’aurait alors pu se propager que corrélativement à la propagation d’une ultime mutation génétique dont « Adam » est lui-même le porteur.
  • Les modèles paléoanthropologiques, notamment le modèle « Out of Africa », et les modèles génétiques plaident en faveur d’une première humanité très restreinte.
  • Si la découverte d’« Adam » s’est soldée par un changement psychologique notable (l’apparition de la conscience), il est probable que ce changement est entraîné de facto une séparation entre le clan dirigé par « Adam » et les autres clans. Une sorte de répugnance naturelle. Rien n’empêche des croisements génétiques entre hommes et hominidés, mais ils sont probablement marginaux, comme dans le cas de l’homo sapiens et de l’homo neanderthalensis.
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Adam et la science

Notons d’ailleurs que, dans le cas de tels croisement, nous serions en présence de ce que l’on appelle des « branches ascendantes collatérales ». De telles branches collatérales ont probablement existé mais en nombre restreint. Toutefois, à rigoureusement parler, il s’agit de branches collatérales animales et non de branches collatérales humaines. L’existence de branches collatérales est donc parfaitement compatible avec le fait qu’« Adam » soit notre unique ancêtre humain.

2 Messages

  • Adam est-il l’ancêtre de tous les hommes ? Le 10 décembre à 10:51, par Abdelaziz

    Tout d’abord ce qui fausse l’approche scientifique du cas d’Adam c’est surtout les données bibliques.
    Ce problème de l’éxistance de l’humain sur terre est contenu dans le Coran depuis plus de 1400 ans ,ce qui fausse sa compréhension c’est la sacralisation des textes écrits par certains exégètes musulmans qui ont eu recours aux écrits bibliques.Le Coran réfute cette croyance et le considère comme premier prophète ,il l’énonce explicitement ,sourate 3 verset 33/34 la famille de Imrane ,qui soit dit en passant est le grand père du Messie fils de Marie <<Allah élit Adam et Noé et la famille d’Abraham et la famille de Imrane de par le monde ,successeurs les uns des autres ...<<l’énoncé est claire sur la succession de la prophétie et du kalifa sur terre ,ce qui ne signifie pas que la prophétie est restrainte à cette généalogie.Allah a créé la lignée humaine extraite de boue malléable et d’argile crissant et par succession à travers son voyage dans le temps qui dura des millions d’années ,jusqu’au stade d’êtres cognitifs c’est à dire audiant et voyant ,maturité du cerveau.La théorie de l’évolution est fiable si Darwin n’aurait pas donné une origine simiesque ,et que l’humain est apparu par hasard dans une lignée de primate ,qui par mutation et sélection naturelle aurait finalisé ce processus dans cette animal pensant (voir le Coran dans la sourate el insene (l’humain)et beaucoup d’autre sourates parlent de la création de l’espèce Humaine et que l’amorce de la vie s’est opérée dans un milieu aquatique .En conclusion il y a eu les océans primitifs qui ont permis l’éclosion de la vie ;les constituants terrestres (matière terre, et spectres lumineux et astéroïdes qui ont servis de catalyseur et de levain (enzymes) et les constituants végétaux ,dans le sens ont végété au fond des océans (soupe primitive) .Hhama’in mesnoune (noiratre , collante et fétide. Le seul livre qui parle de création des espèces est le Coran ainsi que de toutes les diversités langagières ,pigmentaire (couleur).

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