Adam aurait-il vécu en société dans le jardin d’Éden ?

mercredi 18 décembre 2013, par Paul Adrien d’Hardemare

S’il est vrai que l’homme est un animal social, son épanouissement total ne peut être atteint de manière solitaire. Ainsi, contre Rousseau et le mythe du bon sauvage, mythe selon lequel, à l’origine, l’individu humain se suffisait à lui-même à l’abri des corruptions qu’engendre la vie commune, la Bible affirme les hommes vivaient naturellement en société dès l’origine.

L’homme donna donc un nom aux animaux domestiques, aux animaux sauvages et aux oiseaux. Mais il ne trouva pas de partenaire capable de le secourir. Alors le Seigneur Dieu fit tomber l’homme dans un profond sommeil. Il lui prit une côte et referma la chair à sa place. Avec cette côte, le Seigneur fit une femme et la conduisit à l’homme. En la voyant celui-ci s’écria : « Ah ! Cette fois, voici quelqu’un qui est plus que tout autre du même sang que moi ! On la nommera compagne de l’homme, car c’est de son compagnon qu’elle fut tirée. » C’est pourquoi l’homme quittera père et mère pour s’attacher à sa femme, et ils deviendront tous deux un seul être. Gn 2, 20-24

Gobekli Tepe, site préhistorique turc
Temple antique, daté à 12000 :
la religion comme moteur de la civilisation.
Tommy Knocker

L’homme et la femme sont ainsi créés pour permettre à chacun de sortir de sa solitude et de pouvoir bénéficier de l’aide d’autrui. Il serait impossible de parvenir à faire éclore toutes les potentialités humaines tout seul : une vie n’y suffirait pas. Impossible aussi de parvenir à jouir du plaisir de l’amitié et de la compagnie humaine sans société. Il s’agit donc de fonder une communauté de vie et cette vie commune implique nécessairement une organisation politique, même fruste : dans le récit biblique, il appartient ainsi à l’homme d’être émerveillé par sa femme et la femme de soutenir son mari. De là découle toute une morale conjugale.

Mais, à l’inverse de Hobbes et de son Léviathan, pour qui les hommes ne peuvent s’unir que sous la direction d’un dictateur, la mise en commun et la mise en service n’auraient pas été vécues comme un esclavage mais comme une expression de l’harmonie politique. L’homme n’ayant pas encore péché, il n’y avait pas d’exploitation de l’homme par l’homme puisque tous étaient suivaient ce que dictait la raison, laquelle était au service de Dieu, la source de tout bien et de tout bonheur.

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