Adam a-t-il existé ?

mercredi 16 octobre 2013, par Paul Adrien d’Hardemare

Il y a plusieurs manières de prouver l’existence de cet être que la Bible surnomme « Adam ». Tout dépend de la manière dont ce nom est entendu.

  1. Si, par « Adam » on entend d’abord l’unique ancêtre des hommes, on peut chercher à prouver scientifiquement son existence en étudiant la population humaine actuelle. À partir d’indices savamment récoltés, on peut entreprendre de remonter les générations humaines jusqu’à postuler ou non un unique ancêtre. C’est là la quête contemporaine de l’« Adam scientifique ».
  2. Si, par « Adam » on entend d’abord le personnage biblique, il faut d’abord interpréter avec rigueur ce que le texte biblique dit de ce personnage pour savoir s’il a existé ou non, par « nécessité de son caractère » pourrait-on dire. C’est là la quête de l’« Adam biblique »

Bien sûr, rien n’empêche l’« Adam scientifique » de rencontrer l’« Adam biblique », mais il y a une priorité entre les deux méthodes qui demande à être clarifiée.

Sur les traces d’Adam
Documentaire et (bonne) science-fiction
Rayyisse Sidahmed, IMyoIEa6lsk

 L’« Adam scientifique »

Commençons par la première méthode. Celle-ci est actuellement utilisée en génétique des populations. En observant les mutations du chromosome Y présents dans le génome masculin, et en observant la transmission des mutations génétiques liées à ce chromosome, les généticiens parviennent à déterminer le lien de parenté qu’une population humaine partage.

Or, il semblerait que cette investigation scientifique amène à postuler l’existence d’un « Adam scientifique » : tous les hommes portent en effet sur leur chromosome une même mutation génétique, laquelle remonterait à un ancêtre commun datant de 50 000 à 100 000 selon les études.

Mais peut-on se contenter de cette réponse ? À supposer que ces résultats génétiques soient fiables, plusieurs questions se posent :

  • Cette investigation permet de dire qu’il existe un ancêtre commun à tous les hommes. Néanmoins rien ne permet de dire que cet ancêtre commun est l’unique ancêtre duquel descendent tous les hommes. Il ne suffit pas de dire que les branches collatérales se soient éteintes : il faut encore prouver qu’il n’y a pas eu d’autres branches humaines collatérales. Plus important encore, rien ne permet de dire que cet ancêtre commun est le premier homme.
  • Comment établir un rapport entre cet « Adam génétique » et l’« Adam biblique » ? Notamment, si cet Adam remonte à 50 000 ou 100 000, de quelle manière l’humanité est-elle décrite à cette époque par la paléoanthropologie ? Cette description correspond-elle à ce que la Bible raconte de ce même homme (par exemple, concernant l’arbre de la connaissance du bien et du mal) ?
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Le monument des grandes découvertes
(Lisbonne)
Qui mettriez-vous en tout premier ?

On le voit : la première méthode, pour intéressante qu’elle soit, s’avère limitée. À cela, rien d’étonnant :

  • Nous l’avons dit : l’apparition de l’homme est davantage liée à l’émergence de son esprit plutôt qu’à l’apparition de son corps et des mutations génétiques associées.
  • « Adam » est d’abord un personnage biblique et le récit biblique met davantage l’accent sur la création de l’âme d’« Adam » que sur la création de son corps. S’intéresser d’abord aux caractéristiques du corps d’« Adam », c’est faire un contresens de lecture.

 L’« Adam biblique »

Mettons donc la priorité sur l’« Adam biblique » et interrogeons-nous sur la question de son existence. En interprétant avec rigueur le texte biblique, nous pouvons reconstituer un argument prouvant l’existence d’« Adam » :

  • L’histoire d’« Adam » telle qu’elle est racontée dans la Genèse est un poème. Ce poème raconte à travers une métaphore, celle de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, la découverte fondamentale du genre humain : précisément celle du bien et du mal.
  • Cette découverte signifie l’émergence de la conscience morale au sein d’un animal. C’est donc avec elle que la psychologie animale est devenue rationnelle et humaine. C’est avec elle que commence l’humanité.
  • On sait de plus qu’une telle découverte a eu lieu (puisque nous avons une conscience morale). Donc un ou des hommes ont fait le ou les premiers cette découverte.
  • Les plus grandes découvertes humaines sont toutes attribuées à un génie particulier. Par exemple, quand bien même il n’était pas isolé dans le milieu scientifique (notamment avec Poincaré), c’est tout de même à un seul homme (Einstein) que l’on attribue la découverte de la relativité, car le véritable génie qui l’a pleinement comprise et modélisée. De même, la découverte du bien et du mal est attribuée en particulier à un seul être.
  • Donc il existe un hominidé génial qui, en particulier, a découvert le bien et le mal. Ce premier homme, la Bible lui donné comme surnom : « Adam » - le terreux.
  • Donc Adam a existé.
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Adam et la science

Rien n’empêche une réflexion ultérieure de montrer que cet « Adam biblique » s’identifie ou non l’« Adam scientifique », mais il y a une priorité entre ces deux êtres à respecter. « Adam » est d’abord le premier animal a avoir eu une conscience morale avant d’être le premier animal à porter sur son chromosome Y telle ou telle mutation. Cette hypothétique identification devra être clarifiée lorsque nous nous poserons la question de savoir si cet « Adam biblique » est l’unique ancêtre des hommes. Pour l’heure, nous avons seulement prouvé son existence.

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