A quoi sert l’Église ?

samedi 25 avril 2015, par theopedie

En bref : L’Église a été fondée par Dieu pour le salut des âmes : elle a pour mission de conduire, jusqu’à la fin des temps, les hommes à la béatitude éternelle.

Elle a dès lors reçu de son fondateur, Jésus le Christ qui possède au ciel et sur terre tous les pouvoirs dont elle a besoin pour remplir sa mission (Matthieu 28, 18-20), à savoir faciliter à tous les peuples l’entrée dans le royaume du Christ :

  1. par la dispensation de la grâce,
  2. par la doctrine et l’enseignement,
  3. par la direction et le gouvernement.

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L’arche de Noé
L’arche : figure de l’Église
(l’aigle représente saint Jean l’évangéliste, et la queue de la baleine le poisson, symbole du christianisme)

Tous les pouvoirs nécessaires à l’Église pour réaliser sa fonction surnaturelle sont ainsi contenus et résumés dans ce triple pouvoir, appelé encore tria munera.

(1) Par le pouvoir de l’Ordre, l’Église est à même d’administrer et de dispenser aux fidèles le trésor de ses grâces qui lui est confié par la célébration des sacrements en même temps que, par le pouvoir de gouvernement, elle peut diriger et régler la coopération que les fidèles doivent apporter à la grâce en vue du salut. Ce pouvoir de gouvernement doit guider l’intelligence et la volonté. Il comprend donc (2) l’enseignement que l’on appelle pouvoir magistériel et (3) le gouvernement proprement dit, que l’on appelle encore pouvoir de juridiction. En vertu de son magistère, l’Église détient le dépôt de la foi et a pour mission de continuer par son enseignement la proclamation des vérités révélées ; en raison de son pouvoir de juridiction, l’Église a la gestion de la loi morale et peut émettre des ordonnances pour promouvoir la vie chrétienne.

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Les tria munera
Elie le prophète,
Aaron le grand-prêtre,
David le roi

En l’exerçant, l’Église imite et participe à la mission de son fondateur, Jésus (1) prêtre, (2) prophète et (3) roi. Dans la mesure où ce triple pouvoir découle de l’Homme-Dieu, seuls détiennent ces pouvoirs ceux à qui Jésus les donne. Ce mode de transmission du pouvoir, Jésus Christ l’a réglé invariablement en fondant et en instituant son Église. Ce n’est point au peuple des fidèles dans sa masse, ni à l’ensemble des individualités que Jésus a donné immédiatement et originairement la puissance requise pour sanctifier et gouvernement, mais au collège des apôtres (Matthieu 26, 19 ;  ; Marc 16, 15-16 ; Luc 22, 19 ; Jean 20, 23 ; 1 Corinthiens 1, 11 ; 2 Corinthiens 5, 20). C’est encore au collège des apôtres qu’il a chargé de communiquer à d’autres « hommes fidèles et capables » (2 Timothée 2, 2) ces pouvoirs qu’ils tenaient de lui.

Le mode de transmission diffère toutefois. (1) Dans la dispensation des sacrements, le ministre n’agit qu’en qualité de ministre secondaire et devient l’instrument de la grâce : le pouvoir de l’Ordre et de sanctification des rites découle ainsi d’un rite, l’ordination, par lequel l’homme est consacré instrument de la grâce. A l’inverse, en exerçant le pouvoir (2) de gouvernement et (3) d’enseignement, l’homme agit à la fois en son nom propre et au nom du Christ (2 Corinthiens 5, 20 ; 1 Corinthiens 11, 2 ; 1 Corinthiens 11, 34). Ce pouvoir se transmet donc par voie extra sacramentelle, par une mission et un mandat légitime.

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