À l’origine, l’humanité pouvait-elle se tromper ?

lundi 23 décembre 2013, par Paul Adrien d’Hardemare

Aussi étonnant que cela puisse paraître, il est raisonnable de penser que l’humanité était été à l’origine exempte de toute erreur. En effet, pour le philosophe Alvin Plantinga, une connaissance est vraie et peut être tenue pour vraie, si elle est le fruit d’un esprit

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Une intelligence adaptée à son environnement

  1. fonctionnant correctement dans un environnement adapté ;
  2. naturellement orienté vers la vérité ;
  3. utilisant les facultés psychologiques (imagination, abstraction, etc) en harmonie avec lui.

Or, d’après l’hypothèse théiste, c’est par Dieu que la nature et l’homme ont créés. Ex hypothesis, les points 1, 2 sont donc vérifiés puisque la création de la nature et l’apparition de la raison humaine correspondent toutes deux à une même intention créatrice : il n’y a aucune raison de supposer que, à l’origine, l’esprit humain ne fonctionnait pas correctement et qu’il n’ait pas été naturellement adapté à son environnement. De plus, l’homme n’ayant pas encore péché, il était dans la pleine possession de ses différents facultés psychologiques : en particulier, sa volonté n’ayant aucun défaut moral, elle restait libre et savait doser l’assentiment qu’il convenait de donner à la raison lorsque celle-ci était en proie à d’éventuels débordements de l’imagination ou de la sensibilité.

Il n’y a donc aucune raison de penser que, à l’origine, l’homme ait pu user de sa raison de telle manière que sa raison l’ait naturellement amené à se tromper. À sa manière, c’est aussi ce que dit la tradition classique :

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Pourquoi se serait-il trompé ?
A l’origine, l’usage de la raison était probablement instinctif, quand bien même la science en était à ses balbutiements.

L’homme dans son état primitif avait reçu de Dieu une intelligence naturellement orientée vers son bien propre, à savoir la vérité. N’ayant commis aucun mal et vivant de manière intègre, toutes les facultés psychiques inférieures étaient soumises aux facultés psychiques supérieures. Entre autres, l’imagination et la sensibilité étaient soumises et en harmonie avec la raison. Adam ne pouvait donc être trompé d’aucune manière ni par rapport à ce qu’il a su, ni par rapport à ce qu’il ignorait encore (saint Thomas d’Aquin, Ia, 94,4).

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