À l’origine, l’humanité était-elle sainte ?

mardi 17 décembre 2013, par Paul Adrien d’Hardemare

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L’abre de la connaissance
Enluminure

Il n’y a aucune raison de supposer que l’émergence de la conscience morale au sein du monde animal ne se soit pas faite à l’origine de manière libre, droite et spontanée. La Bible le dit à sa manière en affirmant que l’homme vivait à l’origine dans un paradis terrestre où Dieu était présent. Et parlant des premiers hommes, le livre de l’Ecclésiaste affirme : « Dieu a fait les hommes droits » (Ecc. 7,29).

Cette droiture, assimilée à une sainteté et une grâce originelle, signifie simplement que la volonté de l’homme était à l’origine orientée vers le bien. Si imperfection, péché ou manque de droiture il y a dans l’homme, celles-ci n’étaient pas présentes à l’origine, lorsque l’homme, au sortir du monde animal, découvrit le bien et le mal sans jamais avoir péché auparavant. De fait, la présomption d’innocence joue ici en faveur d’Adam.

Cette sainteté, l’humanité a dû la vivre comme une grâce de départ. Une sainteté des origines, spontanée et naturelle, pour ainsi dire, mais laissant possible une déchéance ultérieure. Ce que la théologie classique dit à sa manière : Adam a été « créé en grâce », mais n’était pas « confirmé en grâce » :

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Saint Adam
Icône orthodoxe

Car dans cet état sa raison était soumise à Dieu, les puissances inférieures de son âme à la raison, et le corps à l’âme elle-même. La première de ces soumissions était cause de la seconde et de la troisième. Car tant que sa raison obéissait à Dieu, les puissances inférieures lui étaient soumises, comme le dit saint Augustin (De remis.peccat, lib. i, cap. 10). Or, il est évident que cette soumission du corps à l’âme et des puissances inférieures à la raison n’était pas naturelle, autrement elle aurait subsisté après le péché, puisque saint Denis nous dit (De div. nom. cap. 4) que les démons, après leur chute, ont conservé tous les dons qui leur avaient été faits dans l’ordre de la nature. D’où il est manifeste que la soumission de la raison à Dieu n’était pas seulement naturelle, mais qu’elle impliquait le don surnaturel de la grâce ; car l’effet ne peut être supérieur à la cause. (Ia 95,1)

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