5 Les difficultés d’une jeune religion

dimanche 2 septembre 2012, par theopedie

 1. Textes à lire

[À cause des Mecquois qui ne voulaient pas devenir musulmans et qui maltraitaient les musulmans,] la fuite en Abyssinie eut lieu dans la cinquième année de la mission prophétique de Mohammed. Les noms de ceux d’entre les comagnons du Prophète qui se rendirent en Abyssinie se trouvent dans le livre des Expéditions de Mohammed ben-Is’hâq. Mohammed ben-Djarîr, dans le présent ouvrage, dit qu’ils étaient en tout soixante et dix personnes. D’après d’autres traditions et le livre des Expéditions, leur nombre était de cent vingt, en comptant les personnages importants aussi bien que les adhérents inconnus. Quelques auteurs rapportent que quelques-uns d’entre eux, comme Othmân, fin d’Affân, Dja’far, fils d’Abou Talib, Sa’d, fils d’Abou-Waqqâç, ’Abd er-Ra’hmân, fils d’Auf, Zobaïr, fils d’Awwâm, ’Ammâr, fils de Yasser, avaient emmené avec eux leurs femmes. Tout cela est raconté en détail dans le livre des Expéditions. Le nombre de femmes était de quinze ; d’après d’autres auteurs, les femmes n’étaient qu’au nombre de quatre. Ils partirent donc pour l’abyssinie, pays qu’on ne peut atteindre de la Mecque que par voie de mer, en se rendant d’abord de la Mecque à Djeddah. Les incrédules les poursuivirent, mais ils ne purent les atteindre.

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L’Abyssinie
Empire éthiopien au temps de Mahomet

A partir de ce moment, les infidèles devinrent plus hardis contre le Prophète ; ils l’insultaient et le frappaient quand il paraissait dans la mosquée. Un jour, pendant que le Prophète accomplissait la prière, ’Oqba, fils d’Abou-Mo’aït, lui jeta au cou une corde, le traîna hors de la mosquée et luui serra la gorge, de sorte qu’il faillit mourir. Abou-Bekr arriva et le dégagea d’entre les mains des infidèles. Un autre jour, le Prophète se trouvant sur le mont Çafâ, Abou-Djahl, fils de Hischâm, s’approcha de lui, l’accabla d’injures, lança contre lui une pierre et lui fit une blessure à la tête. Le sang coula sur la figure du Prophète ; mais il ne dit rien, se leva et retourna dans sa maison. Une vieille femme, affranchie d’Abdallah, fils de Djods’ân, qui demeurait sur cette colline, fut témoin de ce fait ; elle fut saisie de pitié et se mit à sangloter.

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Hamza, oncle de Mahomet
Après la conquête de la Perse, Hamza détruit les cendres de Zoroastre. Illustration musulmane.

Hamza, fils d’Abou-Mottalib, oncle de Mohammed, qui n’était pas encore croyant, était le plus fort et le plus brave de tous les Benî-Hâschim. Les Mecquois l’estimaient et le respectaient. Il aimait beaucoup la chasse, et, comme il savait tirer de l’arc, c’est ave cette arme qu’il allait habituellement chasser. Or ce jour, revenant de la chasse et passant par le mont Çafâ, il entendit les sanglots de la vieille femme ; il s’arrêta, et lui demanda ce qui lui était arrivé. Elle lui répondit : Ô Hamza, il ne m’est rien arrivé à moi, c’est à cause de ton neveu Mohammed, fils d’Abdallah, que je pleure. Abou-Djahl l’a frappé et lui a fait une grave blessure à la tête. Hamza entra dans une grande colère. Il se rendit dans la mosquée pour faire des tournées autour de la Ka’ba et rentrer ensuite dans sa maison. Il rencontra dans la mosquée Abou-Djahl en conversation avec plusieurs personnes. Il s’approcha de lui, l’injuria et le frappa avec la poignée de son arc sur la tête, au point de faire jaillir le sang. Les Benî-Makhzoum s’élancèrent pour frapper Hamza. Abou-Djahl leur dit : Ne le faites pas ; car si vous lui faites quelque mal aujourd’hui, le dépit lui fera embrasser la religion de Mohammed ; le parti des Qoraïschites en serait affaibli, et celui de Mohammed, fortifié. Hamza, ayant accompli les tournées autour du temple, alla voir Mohammed. En voyant le Prophète blessé à la tête, il pleura et dit : Ô mon cher et excellent Mohammed, voilà ce qui t’est arrivé aujourd’hui sans que j’en eusse connaissance ! Le Prophète répliqua : Mon oncle,ne t’occupe pas d’un homme qui n’a ni père, ni mère, ni oncle, ni autres parents. Hamza dit : Ô Mohammed, je t’ai procuré satisfaction d’Abou-Djahl, en lui brisant la tête avec mon arc. -Cela n’est pas une satisfaction pour moi, dit Mohammed. Hamza dit : Qu’y a-t-il qui puisse te satisfaire, pour que je l’accomplisse ? Mohammed répliqua : Que tu dises : « Il n ’y a pas de dieu en dehors d’Allah, et Mohammed est l’apôtre d’Allah », et que tu embrasses ma religion. Hamza dit : C’est précisément dans cette intention que je suis venu. Le Prophète fut rempli de joie, se leva, embrassa Hamza sur la tête et lui dit : Ô mon oncle, tu me rends heureux. Hamza prononça la profession de foi. Lorsque les Qoraïschites en eurent connaissance, ils furent découragés. Il n’y avait pas un seul des oncles et des cousins du Prophète, des membres de la famille de Hâschim et d’Abou’l-Mottalib, même de ceux qui n’étaient pas croyants, qui ne fût prêt à le soutenir, sauf Abou-Lahab, dont le vrai nom était Abdou’l-’Ozza, fils d’Abou’l-Mottalib.

De tous les adhérents du Prophète, le plus faible était Abdallah, fils de Mas’oud. C’est lui qui mettait par écrit toutes les parties du Coran qui étaient révélées au Prophète, et qui les apprenait par coeur. Un jour, le Prophète dit : Qui d’entre vous veut se sacrifier à Dieu, en se rendant à la mosquée pour réciter à haute voix un chapitre du Coran ? - C’est moi qui m’y rendrait, dit Abdallah, fils de Ma’soud. Mais comme il n’était pas un personnage marquant, n’ayant pas une nombreuse parenté, le Prophète dit : Il faut quelqu’un qui ait une nombreuse parenté, pour être soutenu s’il lui arrivait un accident. Abdallah dit : Dieu me protégera. Abdallah se rendit à la mosquée, et à un moment où un grand nombre de personnes y étaient réunies, il se plaça près du Maqâm-Ibrahîm, en face de la Ka’ba, et commença à réciter la sourate Er-Ra’hmân. Qu’est-ce qu’il récite ? dirent les Qoraïschites entre eux. - C’est quelque chose des paroles de Mohammed. Ils s’élancèrent sur lui, l’entourèrent et le frappèrent à coups de pierre, pendant qu’il continuait à récite rla sourate jusqu’à la fin. Couvert de sang, il retourna auprès de Mohammed, qui lui dit : Voilà ce que je redoutais. Abdallah dit : Ô apôtre de Dieu, ce n’est rien pour moi ; si tu veux, demain j’irai de nouveau, pour réciter une autre sourate. Les compagnons du Prophète vivait ainsi dans l’affliction.

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Le Négus, roi d’Éthiopie
Selassié, le dernier Négus

Cependant que tous ceux qui s’étaient rendus en Abyssinie jouissaient de la sécurité. Les Qoraïschites, en étant informés, résolurent d’envoyer une ambassade en Abyssinie, pour demander au Nedjâschî [le Négus] de leur livrer ces gens pour les mettre à mort. Ils firent donc partir deux messagers, Amrou, fils d’Al’Aç, Abdallah, fils de Rabî’a de la tribu de makhzoum, avec des présents considérables pour le Nedjâschî, pour ses familiers et ses officiers. Ces deux envoyés étaient des hommes très habiles à manier la parole. Ils vinrent à la cour du Nedjâschî, lui présentèrent les cadeaux, et lui demandèrent l’extradition des croyants qui se trouvaient dans son pays, pour les ramener à la Mecque. Le roi ne fit pas droit à leur demande et refusa d’accepter les présents. Les envoyés, voyant leur insuccès, s’en retournèrent.

 2. Questions sur le texte

DM n° 5

Sur une grande feuille recto, vous écrirez le numéro du DM, votre nom et votre classe, puis vous répondrez aux questions suivantes :

  1. Où se trouve l’Abyssinie ?
  2. Qui part en Abyssinie ? pourquoi ?
  3. Où est Mahomet ?
  4. Donner deux exemples de maltraitance envers Mahomet.
  5. Qui est Hamza ?
  6. Racontez sa conversion.
  7. Qui est Abdallah ?
  8. Racontez ce qui lui arrive.
  9. Que se passe-t-il pour ceux qui sont Abyssinie ?
  10. Sachant que le roi d’Abyssinie était chrétien, à votre avis, pourquoi a-t-il agi ainsi ?

Documents joints

  • Questions DM (OpenDocument Text – 11.3 ko)

    Questions DM

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