4 L’autorité de Jésus

lundi 16 avril 2012, par theopedie

Jésus n’était pas seulement un grand enseignant, il était aussi réputé pour ses pouvoirs. Saint Matthieu raconte ici quelques miracles qui lui sont attribués.

 Texte à lire

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Jésus et le centurion romain
Codex Egberti, Xe siècle

Jésus guérit les corps

Quand Jésus eut achevé ces discours, les foules étaient impressionnées par son enseignement car son enseignement avait de l’autorité, pas comme celui de leurs intellectuels. Et comme il descendait de la montagne, des foules nombreuses le suivirent. Et voici qu’un lépreux s’avança et se prosterna devant lui en disant : « Maître, si tu le veux, tu peux me purifier. » Jésus lui imposa les mains en lui disant : « Je le veux. Sois purifié. » Et aussitôt sa lèpre fut purifiée. Et Jésus lui dit : « Attention ! Ne le dis à personne mais va te montrer au prêtre et offre le sacrifice que Moïse a prescrit. Ce sera un témoignage pour eux. »

Quand il fut entré à Capharnaüm, un officier romain s’avança vers lui et le supplia : « Maître, mon serviteur est couché chez moi, paralysé et souffrant terriblement. » Il lui dit : « Et moi, j’irai le guérir ? » L’officier romain répondit : « Maître, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais tu n’as qu’à dire une seule parole et mon serviteur sera guéri. Car moi qui suis soumis à une autorité, j’ai des soldats à mes ordres, et je dis à l’un “Va” et il va, à un autre “Viens” et il vient et à mon esclave “Fais ceci” et il le fait. » Entendant cela, Jésus fut dans l’admiration et il dit à ceux qui le suivaient : « En vérité, je vous le dis, chez personne en Israël je n’ai trouvé une telle foi. Je vous dis que beaucoup viendront du Levant et du Couchant et se mettront à table avec Abraham, Isaac et Jacob dans le royaume du Paradis, tandis que les fils du Royaume seront jetés dans les ténèbres du dehors : là seront les pleurs et les grincements de dents. » Et Jésus dit à l’officier : « Va, et qu’il t’arrive selon ta foi. » Et le serviteur fut guéri à cette heure-là.

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La maison de Pierre à Capharnaüm,
Site archéologique

Et Jésus se rendit à la maison de Pierre. Il vit sa belle-mère couchée et fiévreuse. Et il lui toucha la main et la fièvre la quitta, et elle se leva et elle les servait. Le soir venu, on lui présenta beaucoup de forcenés et il exorcisait les démons d’une seule phrase. Et tous ceux qui allaient mal, il les guérissait, afin que s’accomplit ce qui avait été annoncé par Isaïe le prophète quand il dit : « Il a pris nos infirmités et porté nos maladies. »

Quand il vit toute la foule qui l’entourait, il donna l’ordre à ses disciples de passer avec lui de l’autre côté du lac. Alors, un intellectuel s’avança et lui dit : « Maître, je te suivrai où que tu ailles. » Et Jésus lui dit : « Les renards ont des terriers et les oiseaux du ciel des nids, mais le Fils de l’Homme [surnom de Jésus] n’a pas d’endroit où appuyer sa tête. » Un autre de ses disciples lui dit : « Maître, permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père. » Et Jésus lui dit : « Suis-moi et laisse les morts enterrer les morts. »

Jésus chasse le mal

Il monta dans la barque et ses disciples le suivirent. Et voilà qu’il y eut une grande secousse dans la mer, de sorte que le bateau était recouvert par les vagues. Lui cependant dormait. Et, s’étant avancés, ils le réveillèrent en disant : « Maître, au secours ! Nous allons mourir ! » Mais il leur dit : « Pourquoi avoir peur ? hommes méfiants ! » Alors, il se leva, menaça le vent et la mer, et il se fit un grand calme. Les hommes furent émerveillés et ils disaient : « Quel est celui-là pour que même les vents et la mer lui obéissent ? »

La predication de Jésus
suivie de la guérison du paralytique
Extrait du film de Zeffirelli
theopedie

Quand il fut arrivé sur l’autre rive, au pays des Gadaréniens, deux forcenés sortant des tombeaux vinrent à sa rencontre. Ils étaient si féroces que personne n’osait passer par ce chemin. Et voici qu’ils se mirent à vociférer : « Que nous veux-tu, fils du Créateur ? Es-tu venu pour nous faire souffrir avant le terme ? » Or, il y avait, à une certaine distance, un grand troupeau de cochons qui cherchait sa nourriture. Les démons le suppliaient en disant : « Si tu nous exorcises, envoie-nous dans ce troupeau de cochons. » Et il leur dit : « Allez. » Ceux-ci sortirent et s’en allèrent dans les cochons. Et voici que tout le troupeau se précipita du haut de la falaise dans le lac et disparut dans les flots. Les gardiens prirent la fuite et se rendirent en ville où ils racontèrent tout ce qui s’était passé et ce qui était arrivé aux forcenés. Et voici que toute la ville sortit à la rencontre de Jésus, et quand ils le virent, ils le supplièrent de quitter leur territoire.

Jésus monta dans le bateau, refit la traversée et vint dans sa ville. Quelques hommes lui amenèrent un paralysé couché sur son grabat . Quant Jésus vit leur foi, il dit au paralysé : « Courage, mon enfant, tes fautes sont pardonnées. » Et voici quelques intellectuels se dirent entre eux : « Celui-ci blasphème ! » Jésus, sachant ce qu’ils pensaient, dit : « Pourquoi votre esprit est-il empli de mauvaises pensées ? Qu’est-ce qui est le plus facile ? de dire “Tes fautes sont pardonnées” ou bien de dire “Lève-toi et marche” ? Et bien, pour que vous sachiez que le Fils de l’Homme [surnom de Jésus] a, sur terre, autorité pour pardonner les fautes, il dit au paralysé : Prends ton grabat et marche ! » Et l’homme se leva et rentra chez lui. Voyant cela, la foule était dans la stupéfaction et elle bénissait le Créateur pour avoir donné une telle autorité aux hommes.

La renommée de Jésus

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L’appel de Matthieu
Matthieu était un pécheur qui aban-
donna tout pour suivre Jésus.
Tableau du Caravage.

Et passant plus loin, Jésus vit, assis à son bureau de taxe, un homme appelé Matthieu. Il lui dit : « Suis-moi », et se levant, il le suivit. Or, tandis qu’il était à table à la maison, voici que beaucoup de collaborateurs et de malfaiteurs vinrent se mettre à table avec Jésus et ses disciples. Voyant cela, les intégristes disaient à ses disciples : « Pourquoi votre Maître mange-t-il avec des collaborateurs et des malfaiteurs ? » Mais lui, l’ayant entendu, leur dit : « Ce ne sont pas les personnes en bonne santé qui ont besoin de médecin, mais ceux qui vont mal. Allez donc apprendre ce que signifie : “C’est la charité que je veux et non les sacrifices.” Car je ne suis pas venu appeler les hommes justes mais les malfaiteurs. » Alors les disciples de Jean s’avancent vers lui et lui disent : « Pourquoi nous et les intégristes jeûnons-nous tandis que tes disciples ne jeûnent pas ? » Et Jésus leur répondit : « Est-ce que les témoins du marié vont prendre le deuil tant que le marié est avec eux ? Mais viendront des jours où le marié leur sera enlevé et alors ils jeûneront. Et personne ne répare un vieux manteau avec du tissu neuf, sinon le raccord va tirer sur le manteau et la déchirure continuer à s’aggraver. Et on ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres, de peur que les outres ne se brisent, que le vin ne se répande et que les outres soient perdues. Mais on met le vin nouveau dans des outres neuves et ainsi l’ensemble se conserve. »

Tandis qu’il leur racontait cela, un patriarche s’avança et se prosterna devant lui en disant : « Ma fille vient de mourir, mais viens lui imposer les mains et elle vivra. » Jésus se leva et le suivit avec ses disciples. Et voici qu’une femme, qui souffrait de perte de sang depuis douze années, s’avança par derrière et toucha les décorations de son habit religieux, car elle se disait : « Si seulement je peux toucher son habit, je serai délivrée. » Jésus se retourna et la vit. Il lui dit : « Courage ma fille, ta foi t’a délivrée. » Et la femme fut délivrée à partir de ce moment. Et, arrivé à la maison du patriarche, et voyant les musiciens [prêts pour l’enterrement] et le vacarme des gens, Jésus leur dit : « Allez-vous en car la jeune fille n’est pas morte, mais elle dort. » Mais ils se moquèrent de lui. Et après avoir poussé les gens dehors, il entra, prit sa main et la jeune fille se leva. Et le bruit s’en répandit dans toute la région.

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Jesus Christ à Capernaum
Rodolfo Amoedo, 1883

Et comme Jésus continuait sa route, deux aveugles le suivirent, disant et criant : « La charité, fils de David ! » Quand Jésus fut rentré à la maison, les aveugles s’avancèrent vers lui et il leur dit : « Croyez-vous que je puisse faire cela ? » Ils lui répondent : « Oui, maître. » Alors, il leur toucha les yeux en disant : « Que s’accomplisse votre foi » et leurs yeux s’ouvrirent. Jésus leur dit avec sévérité : « Attention, que personne ne le sache. » Mais eux, une fois sortis, parlèrent de lui dans tout le pays. Et tandis qu’ils sortaient, voici qu’on lui présenta un forcené muet. Une fois le démon exorcisé, le muet se mit à parler. Et les foules étaient dans l’admiration. « Jamais disaient-elles, rien de tel ne s’est vu en Israël ! » Mais les intégristes disaient : « C’est par le prince des démons qu’il exorcise les démons. »

 Questions sur le texte

DM n°4

Sur une grande feuille recto, vous écrirez le numéro du DM, votre nom et votre classe, puis vous répondrez aux questions suivantes :

  1. Qu’est-ce que la lèpre ?
  2. décrivez une guérison de lèpre dans le texte : comment Jésus en guérit-il les gens ?
  3. Qu’est-ce qu’un exorcisme ?
  4. décrivez-en un dans le texte.
  5. Faites une liste de toutes les guérisons de Jésus dans le texte.
  6. Qui a le droit de pardonner les péchés ? Quel est le problème ?
  7. On parle de Matthieu dans le texte : quel était son métier ?
  8. Le texte parle de collaborateurs : avec qui collaboraient ces gens ?
  9. Jésus a-t-il de bonnes fréquentations ? Justifier.
  10. Qu’est-ce qu’un intégriste ? Que pensent les intégristes de Jésus ?

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