3 L’enseignement de la perfection

lundi 16 avril 2012, par theopedie

Saint Matthieu fait ici un exposé de l’enseignement de Jésus. Au centre de cet enseignement, on trouve le Notre Père : Dieu qui est décrit comme un père.

 Texte à lire

Et il parcourait toute la Galilée, enseignant dans les salles de prières [litt : synagogues], proclamant la révélation [litt : évangile] du Paradis, et guérissant toute maladie et toute infirmité dans le peuple. Sa renommée se répandit dans toute la Syrie, et on lui amena tous ceux qui allaient mal, en proie à diverses maladies et diverses souffrances : forcenés, épileptiques, paralysés ; et lui les guérissait. Et des foules nombreuses le suivirent, venues de la Galilée et de la région des Dix Villes, de Jérusalem, et de la Judée et d’au-delà du Jourdain. Voyant les foules, il gravit la montagne, et se mit à siéger. Alors ses disciples s’approchèrent de lui, et ouvrant la bouche, il se mit à les enseigner :

Prologue

Quel bonheur pour ceux qui ont une vie de pauvreté : le Paradis est à eux !
Quel bonheur pour ceux qui pleurent : ils seront consolés !
Quel bonheur pour ceux qui sont doux : ils posséderont l’univers !
Quel bonheur pour ceux qui ont faim et soif de justice : ils seront rassasiés !
Quel bonheur pour ceux qui sont charitables : la charité leur sera accordée !
Quel bonheur pour ceux dont l’esprit est pur : ils verront le Créateur !
Quel bonheur pour ceux qui œuvrent pour la paix : le Créateur les appellera ses fils !
Quel bonheur pour ceux qui sont maltraités pour la justice : le Paradis est à eux !

Et vous, quel bonheur si l’on vous insulte, si l’on vous maltraite et si l’on dit mensongèrement contre vous toute sorte de mal à cause de moi. Soyez dans la joie ! Soyez dans l’allégresse parce que votre récompense sera grande au Paradis. C’est en effet ainsi que les prophètes qui vécurent avant vous furent traités.

Chercher la perfection

Vous êtes le sel de la terre, mais si le sel perd sa saveur, avec quoi le salera-t-on ? Il n’est plus bon qu’à être jeté dehors et piétiné par les hommes. Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée et on n’allume pas une lampe pour la mettre dans un tiroir. Au contraire, on la met sur un lampadaire et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. C’est ainsi que votre lumière doit briller à la face des hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres et qu’ils bénissent votre Père au Paradis.

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Le mont Tabor (Palestine)
Lieu présumé du sermon sur la montagne

Ne croyez pas que je sois venu supprimer la loi et les prophètes. Je ne suis pas venu supprimer, mais parfaire. Car, en vérité, je vous le dis : le Paradis et l’univers pourront passer, mais ni le plus petit mot, ni le plus petit détail de la loi ne passeront que tout n’ait été accompli. Celui-là donc qui transgressera ne serait-ce que le plus petit de ces commandements et qui enseignera aux hommes à faire de même, celui-là sera tenu pour le plus petit dans le royaume du Paradis. Mais celui qui le respectera et qui enseignera aux hommes à faire de même, celui-là sera tenu pour grand dans le royaume du Paradis. Car, je vous le déclare : si votre justice ne dépasse pas celle des intellectuels et des intégristes, vous n’entrerez pas dans le royaume du Paradis.

Vous avez appris qu’il a été dit aux patriarches : “Tu ne tueras pas. Tout meurtrier doit passer devant le juge.” Et bien, moi je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère doit passer devant le juge, et celui qui dit “imbécile” à son frère doit passer devant le Grand Tribunal, et celui qui dit “idiot” doit être jeté dans le feu de l’enfer. Si donc tu vas à l’autel et, que là tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande devant l’autel, et va d’abord faire la paix avec ton frère : puis reviens et présente ton offrande. Dépêche-toi de te réconcilier avec ton adversaire tant que tu es en chemin avec lui, de peur qu’il ne te livre au juge, le juge au garde et que tu ne sois jeté en prison. En vérité, je te le dis, tu ne sortiras pas de là que tu n’aies remboursé jusqu’au dernier centime.

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Le sommet du mont Tabor
Photo prise en 2006

Vous avez appris qu’il a été dit : “Tu ne tromperas pas ta femme.” Et bien, moi, je vous dis que quiconque regarde une femme en la convoitant a déjà, dans son cœur, trompé sa femme. Si ton œil te fait faire quelque chose de choquant, arrache-le et jette-le loin de toi. Il vaut mieux pour toi perdre un seul de tes membres plutôt que ton corps tout entier ne soit jeté en enfer. Et si ta main te fait faire quelque chose de choquant, coupe-la et jette-la loin de toi. Il vaut mieux pour toi perdre un seul de tes membres plutôt que ton corps tout entier ne soit jeté en enfer.

Il a été dit : “Que celui qui se sépare de sa femme lui donne un certificat de divorce.” Et bien moi, je vous dis que quiconque se sépare de sa femme – sauf en cas d’union interdite – fait d’elle une femme adultère [si elle se remarie]. Et celui qui épouse une femme divorcée commet un adultère.

Vous avez encore appris qu’il a été dit aux patriarches : “Ne romps pas ton serment. Au contraire, acquitte-toi devant Dieu de ce que tu as juré.” Et bien moi, je vous dis de ne pas jurer du tout : ni par le Paradis parce qu’il est le trône de Dieu, ni par la terre parce qu’elle est son repose-pied, ni par Jérusalem parce qu’elle est sa capitale. Ne jure pas non plus sur ta tête, parce que tu n’as pas autorité sur un seul de tes cheveux pour le rendre blanc ou noir. Ainsi, lorsque vous parlez, que votre oui soit oui et que votre non soit non. Tout le reste vient du Mal.

L’amour des ennemis
Extrait du film de Mel Gibson
theopedie

Vous avez appris qu’il a été dit : “Œil pour œil, dent pour dent.” Et bien moi, je vous dis de ne pas résister au mauvais. Mais quelqu’un te donne-t-il un coup sur la joue droite ? Tends-lui aussi l’autre. Et à qui veut te faire un procès pour te prendre ta chemise, donne-lui aussi ton manteau. Si quelqu’un t’oblige à faire mille pas, fais en deux mille avec lui. À qui te demande, donne. De qui veut t’emprunter, ne te détourne pas.

Vous avez appris qu’il a été dit : “Tu adoreras ton semblable et tu détesteras ton ennemi.” Et bien moi, je vous dis : adorez vos ennemis et priez pour ceux qui vous maltraitent afin de vous montrer les fils de votre Père au Paradis, car il fait lever son soleil aussi bien sur les mauvais que sur les bons et il donne la pluie aux hommes justes comme aux pervers. Car si vous n’adorez que ceux qui vous adorent, quelle récompense aurez-vous ? Les collaborateurs n’en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos confrères, que faites vous d’extraordinaire ? Les barbares n’en font-ils pas autant ? Vous donc, soyez parfaits comme votre Père au Paradis est parfait.

Les trois piliers de la religion

Gardez-vous de cultiver votre justice devant les hommes afin de vous faire remarquer par eux. Sinon, vous ne recevrez certainement pas de récompense auprès de votre Père au Paradis.

Lorsque tu fais la charité, ne vas pas fanfaronner comme le font les hypocrites dans les salles de prière [litt : synagogues] et dans les rues afin d’être applaudis par les hommes. En vérité, je te le dis : ils ont déjà touché leur récompense. Toi, lorsque tu fais la charité, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, afin que ta charité reste mystérieuse et ton Père, qui voit ce qui est mystérieux, te le revaudra.

Et lorsque vous priez, ne fais pas comme les hypocrites qui aiment prier dans les salles de prière [litt : synagogues] et aux carrefours pour se faire remarquer des hommes. En vérité, je vous le dis : ils ont déjà touché leur récompense. Pour toi, lorsque tu pries, retire-toi dans ta chambre, ferme la porte et prie ton père qui habite le mystère. Et ton père, qui voit ce qui est mystérieux, te le revaudra. Et lorsque vous priez, ne faites pas comme les hypocrites qui pensent que c’est à force de paroles qu’ils seront exaucés. Ne les imitez donc pas car votre père sait de quoi vous avez besoin avant même que vous ne le lui demandiez. Voici comment vous devez prier :

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Jésus - Îssah
Illustration d’un Coran

Notre père,
qui es au Paradis,
Que ta personne devienne sacrée.
Que ton royaume vienne.
Que ta volonté soit faite sur terre comme elle est faite au Paradis.
Donne-nous notre pain quotidien.
Pardonne-nous nos offenses
comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés.
Ne permets pas que nous tombions dans un piège.
Mais sauve-nous du Mal.

Car si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre père au Paradis vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre père non plus ne vous pardonnera pas vos fautes.

Et lorsque vous jeûnez, ne prenez pas un air sombre comme le font les hypocrites : ils prennent des traits fatigués pour que tout le monde voit qu’ils jeûnent. En vérité, je vous le dis : ils ont déjà touché leur récompense. Toi, lorsque tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage afin de ne pas montrer aux hommes que tu jeûnes, mais seulement à ton père qui habite le mystère, et ton père, qui voit ce qui est mystérieux, te le revaudra.

S’abandonner à Dieu

Ne vous amassez pas des richesses sur terre, là où mites et vers détruisent et où les voleurs percent les murs et cambriolent. Au contraire, amassez-vous des richesses au Paradis, là où ni vers ni mites ne détruisent et où les voleurs ne percent ni ne cambriolent, car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. La lampe du corps, c’est l’œil. Si donc ton œil est sain ; tout ton corps sera lumineux. Mais si ton œil est mauvais, tout ton corps sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi n’est que ténèbres, quelles ténèbres ! Personne ne peut servir deux maîtres : Ou bien, il détestera le premier et aimera le second, ou bien il s’attachera au premier et méprisera le second. Vous ne pouvez pas servir à la fois le Créateur et l’argent.

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Jésus prêchant
Henrik Olrik

Voilà pourquoi je vous le dis : ne vous faites pas du souci au sujet la nourriture pour vivre, ni au sujet de vos vêtements pour votre corps. La vie est plus que la nourriture et le corps plus que le vêtement, n’est-ce pas ? Et bien, regardez les oiseaux : ils ne sèment, ni ne moissonnent, ni ne récoltent dans des greniers, et votre père au Paradis les nourrit. Et vous, ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? Qui d’entre-vous, à force de se faire du souci, parvient à prolonger sa vie d’une seule coudée ? Et pourquoi vous faites-vous du souci au sujet de vos vêtements ? Observez les lis dans les champs comme ils grandissent et ils ne peinent ni ne tissent. Or, je vous le dis : Salomon, lui-même, dans toute sa majesté, n’a pas été habillé comme l’un d’entre eux. Si donc l’herbe qui existe aujourd’hui, mais qui demain sera jetée au feu, le Créateur l’habille ainsi, ne fera-t-il pas beaucoup plus pour vous, méfiants que vous êtes ? Ne vous faites pas du souci en vous disant : “Qu’allons-nous boire ?” ou “Qu’allons-nous manger ?” ou “De quoi allons-nous nous vêtir ?” Ce sont les barbares qui courent après, et il le sait, votre père au Paradis, que vous avez besoin de tout cela. Cherchez d’abord son royaume et sa justice et tout le reste vous sera accordé en plus. Ne vous faites pas du souci pour demain car demain aura souci de lui-même. À chaque jour suffit sa peine.

Ne critiquez pas et vous ne serez pas critiqués. Car c’est avec la critique dont vous critiquez que vous serez critiqués, et c’est avec la mesure dont vous mesurez qu’il vous sera mesuré. Qu’as-tu à regarder la paille qui est dans l’œil de ton frère ? Et la poutre qui est dans ton œil, tu ne la remarques pas ? Et comment vas-tu dire à ton frère : “Laisse-moi retirer la paille de ton œil, alors qu’il y a une poutre dans le tien” ? Hypocrite ! Retire d’abord la poutre de ton œil, et tu verras clair pour retirer la paille de l’œil de ton frère.

Ne donnez pas ce qui est sacré aux chiens et ne jetez pas vos perles aux cochons, de peur qu’ils ne les piétinent de leurs pattes et qu’ils ne se retournent contre vous pour vous dépecez.

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Le sermon sur la montagne
Rosselli

Demandez et vous recevrez, cherchez et vous trouverez, frappez et vous entrerez. Car qui demande reçoit, qui cherche trouve, et qui frappe entrera. Ou encore : Y a-t-il parmi vous un homme qui donnerait à son fils une pierre si celui-ci lui demandait du pain ? Ou qui lui donnerait un serpent si celui-ci lui demandait un poisson ? Si donc, alors même que vous êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre père au Paradis en donnera-t-il de bonnes à ceux qui les lui demandent ?

Donc : tout ce que vous voudriez que les hommes fassent pour vous, pareillement, vous aussi, faites-le pour eux, car c’est en cela que consistent la loi et les prophètes. Entrez par la porte étroite ! Car large est la porte et facile le chemin qui mènent à la ruine et ils sont nombreux ceux qui s’y engagent. Mais étroite est la porte et difficile le chemin qui mènent à la vie et ils sont peu nombreux ceux qui s’y engagent.

Méfiez-vous des soi-disant prophètes. Ils viennent vers vous déguisés en agneaux, mais au-dedans, ce sont des loups féroces. C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Les ronces donnent-elles des raisins ? Et les chardons des figues ? C’est ainsi que tout arbre sain donne de bons fruits, mais l’arbre malsain donne de mauvais fruits. Un arbre sain ne peut donner de mauvais fruits, ni un arbre malsain de bons fruits. Tout arbre qui ne donne pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu. C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez.

Conclusion

Ce ne sont pas tous ceux qui me disent “ Maître ! Maître ! ” qui entreront dans le royaume du Paradis, mais ceux qui font la volonté de mon père au Paradis. Beaucoup me diront en ce jour-là : “ Maître ! Maître ! N’est-ce pas en ton nom que nous avons fait des prophéties ? En ton nom que nous avons chassé les démons ? En ton nom que nous avons fait de nombreuses merveilles ? ” Et je leur déclarerai : Jamais je ne vous ai connus ; éloignez-vous de moi, vous tous qui cultivez la perversité.

Ainsi, quiconque entend ce que je viens de dire et le met en pratique ressemble à un homme sage qui a bâtit sa maison sur le roc. La pluie est venue, les torrents ont débordé, les vents se sont abattus contre cette maison et elle ne s’est pas effondrée car elle était bâtie sur le roc. Mais quiconque entend ce que je viens de dire et ne le met pas en pratique ressemble à un fou qui a bâti sa maison sur le sable. La pluie est venue, les torrents ont débordé, les vents se sont abattus contre cette maison, et elle s’est effondrée et sa chute a été complète.

 Questions sur le texte

DM n°3

Sur une grande feuille recto, vous écrirez le numéro du DM, votre nom et votre classe, puis vous répondrez aux questions suivantes :

  • 1) Dans le prologue, comment parvient-on au bonheur selon Jésus ?
  • Dans le paragraphe « la voie de la perfection », quelles relations faut-il avoir avec :
    • 2) ses frères ?
    • 3) les femmes (ou les hommes si vous êtes une femme...) ?
    • 4) avec sa femme (ou son mari...) ?
    • 5) avec ses ennemis ?
  • Dans le paragraphe « les trois piliers »,
    • 6) quels sont les trois piliers de la religion chrétienne ?
    • 7) comment faut-il les pratiquer pour Jésus ?
    • 8) comment Dieu est-il appelé dans la prière ? Cela vous semble-t-il justifié ?
  • Dans le paragraphe « la véritable richesse »,
    • 9) Expliquez l’expression : « Ne jetez pas vos perles aux cochons »
    • 10) Qui sont les vrais disciples de Jésus ?

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