2. Qui est Thomas H. Huxley ?

mercredi 15 avril 2015, par Denis Cerba

Il ne faut pas confondre Thomas Huxley (1825-1895) avec le romancier Aldous Huxley (1894-1963), auteur du célèbre roman : Brave New World (Le meilleur des mondes, paru en 1932). Mais il y a un lien entre les deux : Thomas Huxley n’est autre que le grand-père d’Aldous Huxley.

Thomas Huxley est un biologiste anglais. C’est l’un des plus éminents scientifiques de l’époque victorienne : il s’est fait connaître par des travaux importants en physiologie et en zoologie. Mais il est surtout connu pour s’être montré un ardent défenseur de la théorie de Darwin, dès sa parution et alors qu’elle était l’objet de violentes critiques de la part notamment des religieux conservateurs. Son engagement dans la querelle darwinienne lui a valu le surnom de Bulldog de Darwin. On peut retenir notamment sa participation au fameux Débat d’Oxford, organisé suite à la publication de L’Origine des espèces en 1859. À l’évêque d’Oxford, fer de lance de l’opposition à Darwin, qui dans le feu du débat a lancé à Huxley : « Est-ce par votre grand-père ou votre grand-mère que vous descendez du singe ? », ce dernier a répondu : « Je préférerais descendre d’un singe plutôt que d’un homme instruit qui utilise sa culture et son éloquence au service du préjugé et du mensonge ! ». Huxley n’était pas croyant, mais il s’est montré par cette réponse beaucoup plus chrétien que l’évêque d’Oxford : la foi chrétienne ne se grandit pas, mais se ridiculise plutôt, quand elle s’aventure dans une forme d’opposition obscurantiste aux avancées les plus significatives de la science moderne.

Thomas Huxley est donc avant tout un scientifique, non un philosophe. Néanmoins, à partir de son activité de scientifique, il est reconnu comme ayant apporté certaines contributions notables à la réflexion philosophique : la plus importante d’entre elle est la théorie épiphénoménaliste en philosophie de l’esprit (cf. Qu’est-ce que l’épiphénoménalisme ?).

Huxley argumente en faveur de la position épiphénoménaliste dans un remarquable article publié en 1874, intitulé : « On the Hypothesis That Animals Are Automata, and Its History » (« Sur l’hypothèse selon laquelle les animaux sont des automates, et l’histoire de cette théorie »).

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