12 Les prophètes (1/3) ou « Israël court à sa perte »

samedi 9 juin 2012, par theopedie

Alors que le peuple juif oublie le Dieu qui l’a sauvé, la Bible rapporte le sévère témoignage des prophètes (ici Jérémie) : si les juifs ne se repentent pas, Dieu laissera des envahisseurs venir. Mais personne n’écoute et le malheur arrive finalement : Jérusalem est détruite, sa population exilée à Babylone. Le prophète qui avait prédit le malheur pleure alors sur son peuple (Jr 4,5-8.13-28 et Lm 4).

 1. Le texte

Mise en garde contre le malheur à venir

Vie du prophète Jérémie

Ainsi parle le Seigneur par la bouche de son prophète : « Donnez l’alarme en Juda, alertez Jérusalem. Sonnez du cor dans le pays, criez à pleine voix. Dites qu’on vienne se rassembler dans les villes fortifiées, qu’on dresse le signal d’alarme du côté de Sion, qu’on se mette à l’abri, que personne ne reste sur place. Du nord le Seigneur fait venir un malheur, un grand désastre. Le lion est sorti de son fourré, le destructfeur des nations est en route, il a quitté son repaire pour ravager votre pays. Vos villes vont tomber en ruine, elles vont être dépeuplées. Prenez donc la tenue de deuil, frappez-vous la poitrine, entonnez une complainte, car le Seigneur n’a pas renoncé à nous poursuivre de l’ardeur de son indignation.

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Les armées babyloniennes
Jan Roelf

« Voici l’ennemi : il monte comme les nuages d’orage. Ses chars volent comme l’ouragan, ses chevaux foncent plus vite que l’aigle. Nous sommes perdus, c’est la ruine !

« Jérusalem, si tu veux être délivrée, nettoie ton cœur de sa méchanceté. Jusqu’à quand resteras-tu habitée par de mauvaises pensées ? Écoute cette rumeur qui vient de [la région de] Dan, ces nouvelles de malheur arrivant de la montagne d’Éfraïm. Avertissez toutes les populations, alertez Jérusalem : les assiégeants s’approchent, ils viennent d’un pays lointain, et lancent leurs cris de guerre contre les villes de Juda. Comme des gardiens autour d’un champ ils encerclent Jérusalem. “C’est le résultat de sa révolte contre moi, dit le Seigneur.” La cause de ce qui t’arrive, c’est ta conduite, Jérusalem, c’est le mal que tu as fait. Et ce malheur qui te frappe, tu en ressens l’amertume, il t’atteint en plein cœur. »

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La destruction du temple de Jérusalem

« Ah, que mon ventre me fait mal ! Je me tords de douleur, mon cœur bat à se rompre. Quelle agitation en moi ! Je ne peux pas me taire : j’ai entendu la trompette et les cris de guerre. On annonce désastre après désastre, tout le pays est ravagé. Nos tentes sont soudain renversées, nos abris emportés en un clin d’œil. Jusqu’à quand me faudra-t-il voir les emblèmes de guerre, et me faudra-t-il entendre les trompettes sonnant la charge ?

« Mon peuple est stupide, il m’ignore, dit le Seigneur. Ce sont des enfants sans cervelle, ils ne comprennent rien. Ils ne sont experts que pour mal faire. Mais pour ce qui est de bien faire, ils n’y comprennent rien. » Je regarde : la terre est comme un chaos désertique, et le ciel a perdu sa lumière. Je regarde : les montagnes ne tiennent plus debout, et les collines sont ébranlées. Je regarde : il n’y a plus d’hommes, même les oiseaux sont tous partis. Je regarde : ce pays était un verger, il n’est plus qu’un désert, toutes ses villes sont en ruine. C’est le fait du Seigneur, de son ardente indignation. »

Voici ce que déclare le Seigneur : « Le pays tout entier ne sera plus qu’un désert sinistre, et pourtant je n’irai pas jusqu’à tout détruire. C’est pourquoi la terre prend le deuil, et le ciel, là-haut, s’obscurcit. J’ai dit ce que j’avais décidé, je ne change pas d’avis, je ne reviendrai pas là-dessus. »

Le prophète se lamente après le malheur

Lamentations de Jérémie
Jachet de Mantoue
AfrikiSun

Comment a-t-il perdu sa couleur l’or si brillant, a-t-il pu se salir l’or si pur ? Comment les pierres sacrées ont-elles été éparpillées à tous les coins de rue ? Comment les enfants de Sion, eux si précieux, qui avaient la valeur de l’or fin, peuvent-ils être estimés au prix d’un simple pot de terre, l’oeuvre d’un potier ?

Même les chacals ont l’instinct maternel et allaitent leurs petits.
Mais mon peuple est une mère inhumaine, comme l’autruche dans le désert.
De soif, les nourrissons ont la langue collée à leur palais.
Les jeunes enfants réclament du pain ; personne ne leur en donne.
Ceux qui se nourrissaient de friandises tombent dans les rues.
Ceux qu’on avait élevés dans le luxe fouillent à pleines mains des tas d’ordures.
Les torts de mon peuple sont plus grands que les fautes des gens de Sodome,
qui fut anéantit en un clin d’œil sans qu’on ait eu le temps de réagir.
Les princes avaient plus d’éclat que la neige,
leur teint était plus blanc que le lait,
Leur corps plus rose que le corail et leurs veines évoquaient le bleu du saphir.
Ils paraissent maintenant plus noirs que la suie,
on ne les reconnaît plus dans la rue.
Ils n’ont plus que la peau sur les os, une peau sèche comme du bois sec.
Mieux valait succomber victime de l’épée que mourir victime de la faim
et dépérir affaibli par la disette faute de produit des champs.
Des mères, pourtant pleines d’amour,
ont fait cuire de leur propres mains leurs enfants
pour le manger dans le désastre qui atteint mon peuple.
Le Seigneur est allé au bout de sa fureur,
il a déversé l’ardeur de son indignation.
A Sion, il a allumé un incendie qui en a dévoré les fondations.
Ni les rois de la terre ni personne au monde n’auraient pu croire
que l’ennemi vainqueur entrerait un jour par les portes de Jérusalem.
Ce désastre est dû aux fautes des prophètes et aux crimes des prêtres,
qui ont répandu dans la ville le sang des hommes justes.
[Les justes] erraient en aveugles dans les rues, souillés de sang.
Il était interdit de toucher même à leurs vêtements.
Quand ils arrivaient, on criait :
« Écartez-vous, ils sont impurs ! Écartez-vous, n’approchez pas ! »
S’ils fuyaient, s’ils erraient, les peuples étrangers disaient :
« Pas question qu’ils restent plus longtemps chez nous ! »
Le Seigneur en personne les a dispersés, il ne veut plus les voir.
On n’a pas d’égards pour les prêtres, ni de respect pour les vieillards.
Nos yeux continuaient à se fatiguer, à épier un secours qui ne venait pas.
Nous avons attendu sans répit l’arrivée d’une nation
qui n’est pas venue nous sauver.
On surveille nos pas : impossible de nous rendre sur nos places.
Nous avons fait notre temps, notre fin est proche, elle est là.
Nos poursuivants sont rapides, plus que l’aigle dans le ciel.
Ils nous pourchassent sur les montagnes,
ils nous guettent dans les lieux inhabités.
Celui qui était notre propre vie, le roi sacré,
le voilà captif dans une prison ennemie ! lui dont nous disions :
« Sous sa garde nous aurons notre place parmi les nations »,
Tu peux bien être ravie, population d’Édom, toi qui habites le pays d’Ous !
Mais la coupe du jugement sera pour toi aussi !
Tu t’y enivreras et seras dénudée !
Ta punition est complète, pauvre Sion. On ne t’emmènera plus en déportation.
Quant à toi, Édom, le Seigneur punira tes fautes, il démasquera tes crimes.

 2. Questions sur le texte

DM n°12 pour les sixièmes

Sur une grande feuille recto, vous écrirez le numéro du DM, votre nom et votre classe, puis vous répondrez aux questions suivantes :

  1. Comment s’appelle le prophète qui parle ?
  2. Quel malheur le prophète doit-il annoncer ?
  3. Expliquer cette phrase poétique : « Le lion est sorti de son fourré, le destructeur des nations est en route, il a quitté son repaire pour ravager votre pays. »
  4. Pouvait-on éviter ce malheur ? Citer une phrase du texte pour justifier votre réponse.
  5. A partir du texte, dites comment Dieu juge-t-il son peuple ?
  6. Le malheur est-il arrivé ?
  7. A partir des lamentations du prophète, devinez :
    1. quand ces lamentations furent écrites (justifiez) ;
    2. expliquez cette phrase poétique : « Comment a-t-il perdu sa couleur l’or si brillant, a-t-il pu se salir l’or si pur ? »
    3. quel fut le sort des enfants ;
    4. ce que devint le roi.
  8. (Bonus) Qu’est-ce qu’une jérémiade ? Quel est le lien avec le texte ?
DM n°12

Sur une grande feuille recto, vous écrirez le numéro du DM, votre nom et votre classe, puis vous répondrez aux questions suivantes :

  1. Quel malheur le prophète doit-il annoncer ?
  2. Qui est responsable de ce malheur ?
  3. Pouvait-on éviter ce malheur ?
  4. Le malheur est-il arrivé ?
  5. A partir des lamentations du prophète, devinez :
    1. quand ces lamentations furent écrites ;
    2. quel fut le sort des enfants ;
    3. ce que devint le roi.
  6. (Bonus) Qu’est-ce qu’une jérémiade ? Quel est le lien avec le texte ?

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