1. Qu’est-ce que la philosophie médiévale ?

jeudi 9 juin 2016, par Denis Cerba

En bref : La philosophie médiévale est le résultat de la réception — problématique — de la philosophie grecque par différentes traditions culturelles issues de la révélation biblique.

 Périodisation générale de la philosophie

La philosophie médiévale est l’une des quatre grandes périodes de l’histoire de la philosophie :

  1. La philosophie ANTIQUE (6e s. av. J.-C. — 5e s. apr. J.-C.) : dominée par la pensée grecque (des Présocratiques à Proclus, en passant par Socrate, Platon, Aristote, Épicure, etc.).
  2. La philosophie MÉDIÉVALE (6e — 14e s. apr. J.-C.) : de Boèce à Guillaume d’Ockham.
  3. La philosophie MODERNE (17e — 19e s.) : inaugurée par Descartes (1596-1650), puis Locke, Spinoza, Leibniz, Hume, Kant, Hegel, Mill...
  4. La philosophie CONTEMPORAINE (20e — 21e s.) : inaugurée par Russell dans sa branche analytique, par Nietzsche et Heidegger dans sa branche continentale.

 La spécificité de la philosophie médiévale

On peut définir ainsi la philosophie médiévale dans son ensemble : elle résulte de la réception de la philosophie grecque par différentes traditions culturelles qui lui sont à l’origine hétérogènes, voire hostiles.

Ces traditions sont au nombre de quatre (par ordre chronologique) :

  1. le judaïsme,
  2. le christianisme oriental (byzantin),
  3. le christianisme occidental (latin),
  4. l’islam.

Pour citer quelques grands noms de cette intégration :

  1. dans le judaïsme : Moïse Maïmonide (1138-1204) ;
  2. dans le christianisme byzantin : Michel Psellos (1018-1078) ;
  3. dans le christianisme latin : Thomas d’Aquin (1225-1274) ;
  4. dans l’islam : Ibn Sina [Avicenne] (980-1037) et Ibn Rushd [Averroès] (1126-1198).

Ce mouvement de réception de la réflexion philosophique grecque par différentes traditions religieuses est caractéristique du moyen-âge : les historiens contemporains aiment à le désigner du nom de translatio studiorum.

La translatio studiorum médiévale signifie donc un phénomène singulier : celui de la philosophie grecque qui pénètre et s’assimile — tout en les transformant profondément — à des modes de pensée qui lui sont a priori étrangers, voire hostiles. Il semble en effet y avoir incompatibilité radicale entre les quatre traditions citées plus haut (toutes issues de la révélation biblique) et celle de la pensée philosophique grecque, totalement étrangère à cette révélation et focalisée sur la pensée rationnelle. L’étude de la philosophie médiévale nécessite en premier lieu de prendre conscience de cette opposition, ainsi que de la façon dont les philosophes médiévaux ont tenté de la surmonter.

Pour aller plus loin, cf. :

  1. Philosophie et foi sont-elles compatibles ? Le dilemme originel de la philosophie médiévale.
  2. Les grandes lignes de l’histoire du Moyen Âge.
  3. Les grandes lignes de l’histoire de la philosophie médiévale.
  4. L’apparition du philosophe chrétien (5e-6e s.).

Répondre à cet article